La main des sourds

Questembert. Sourd, Dylan a suivi une formation de crêpier

Dylan Le Buhé habite à Quiberon. Pendant une semaine, il a suivi les cours de Jean-Philippe Moy, à l’école Crêpes au Logis à Questembert. Il pense faire de ce métier son avenir.

C’est en découvrant, il y a un an, dans les pages de notre journal, un article sur les formations de crêpiers délivrées par Jean-Philippe Moy, à Crêpes au Logis, que l’idée de se former a germé dans l’esprit de Dylan Le Buhé, jeune sourd de 23 ans, qui habite à Quiberon.

« La lecture de l’article m’a donné envie de faire un stage en crêperie, pour voir ce que c’était », déclare le jeune homme par l’intermédiaire de sa traductrice, Marie-Jo, de l’association Gabriel-Deshayes d’Auray.

La formation qu’il vient de suivre est la dernière étape d’un parcours en trois temps : découverte, stage et formation. « Le stage en entreprise a été concluant, j’ai alors pu envisager la formation », poursuit Dylan, qui a déjà un CAP d’agent polyvalent en restauration.

Trois personnes autour de lui

La semaine dernière, il a intégré l’un des stages de Jean-Philippe Moy. Six jours pour apprendre à tourner les crêpes, puis à réaliser les garnitures et les mises en forme. « J’ai appris plein de choses et cela n’a rien à voir avec le stage ; c’est une formation dynamique et très sympa », avance Dylan.

Pas d’adaptations particulières, si ce n’est la présence de trois personnes autour de lui, une traductrice professionnelle et deux professeurs spécialisés, pour servir d’interface entre Jean-Philippe et lui. Le langage gestuel défile, et Dylan lit, réfléchit, interroge avec ses mains. Mais, il a aussi beaucoup observé les autres « pour apprendre en reproduisant ».

« Son handicap n’en est pas un pour ces apprentissages, déclare le maître artisan formateur, qui a déjà beaucoup travaillé avec le geste : Ça, je le fais déjà pour mes stagiaires étrangers, c’est une habitude. »

Se construire un avenir

Lorsqu’il évoque la semaine, Dylan a le sourire : « Cela m’a donné envie d’aller plus loin, c’est un élément motivant », traduit Marie-Jo. Dylan poursuit : « Je n’aime pas me lancer tout de go. J’aime prendre mes marques et me décider après », finissant quand même par avouer : « J’ai fait beaucoup de stages en restauration, mais la crêpe, ça me parle. Je pense prendre le virage. » Un atout pour ce jeune homme, qui souhaite associer la crêpe à une envie de voyager, juste histoire de se construire un avenir.

Source https://www.ouest-france.fr - 18 Février 2018 à Questembert

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