CEAL : des enfants sourds-muets entendent parler d`intégration

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Bon nombre d’enfants en Haïti souffrent de déficience les empêchant d`apprendre dans les établissements scolaires ordinaires. C’est le cas de ceux qui souffrent de surdité, de cécité, qui sont muets ou sourds-muets. Certains sont privés d`instruction juste à cause de leur handicap.

L’État haïtien ne s’assure pas que des écoles spécialisées dans l’éducation de ces petits soient accessibles à travers tout le pays. Les ouvrages adaptés à leurs situations spécifiques se font rares. Les bibliothèques publiques et privées n`aident pas trop en ce sens. Résultat : naître avec ce type de déficience en Haïti est synonyme d’exclusion sociale.

Le Centre d’éveil et d’apprentissage de Léogâne (CEAL) est l’un des rares établissements du pays à s’occuper des sourds, des muets, des sourds-muets et de ceux ayant des difficultés d’apprentissage. Il est situé sur la nationale #2, non loin de l`école nationale de Guérin.

Dans sa résidence privée, la directrice France Rémy recevait depuis 2010 des enfants pour un accompagnement psychosocial suite au tremblement de terre. Il se trouvait que cinq de ces petits nécessitaient un travail particulier, ils étaient sourds. De là est venu l’idée de mettre sur pied le CEAL, nous explique la directrice.

Au fur et à mesure, l’espace s’est transformé en un établissement scolaire formel sur demande des parents. L’enseignement se fait à travers le langage des signes. «Nous fonctionnons grâce au support de notre communauté, sans aide étatique», témoigne France Rémy.

Aujourd’hui, plus d’une soixantaine «de fils et filles» de la directrice, comme elle les nomme affectueusement, ont la chance d’aller à l’école malgré leur handicap. «Nous travaillons à ce qu’ils se sentent socialement intégrés à travers différentes activités», explique la normalienne.

Régulièrement, les petits sont invités à s’amuser. Ils dansent sans entendre la musique sous la direction d’un camarade doté de l’ouïe. Même muets, ils frappent les mains pour accompagner leurs amis qui chantent.

Ils sont nombreux au CEAL à embrasser la cause sans toucher un sou. Windsor Bailly Hector est l’un d’entre eux. «Par ma présence, je veux amener notre société à voir l’importance de l’intégration de ces enfants. Malheureusement, ils sont très négligés», nous dit l’étudiant en histoire à l’IERAH / ISERSS.

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