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Hauts de Seine Habitat

Depuis 40 ans, le CRESDA est une deuxième maison pour les jeunes sourds

Le Centre régional d’éducation spécialisée pour déficients auditifs (CRESDA) existe depuis l’automne 1977, soit 40 ans. Depuis, les traitements ont bien changé… Les appareils auditifs équipent désormais presque tous les jeunes accueillis dès 3 ans et jusqu’à 20 ans, qui souffrent tous de troubles associés.

À l’origine, des religieux pour s’occuper des sourds et aveugles…

Aux balbutiements des établissements d’éducation spécialisée, dès 1835, des religieux s’occupaient des jeunes déficients sensoriels, à l’institut de la rue Royale à Lille. Les jeunes sourds étaient alors éduqués avec les jeunes aveugles, ce qui paraît incongru aujourd’hui.

Au fil des ans, les différentes déficiences sensorielles ont tout de même été distinguées. Deux branches ont été créées, tandis que les religieux ont laissé la place à des laïcs. L’Association d’action sociale et médico-sociale des Hauts de France (ASRL) est ainsi née en 1959.

En 1977, l’ASRL (à la tête de 40 établissements) a ouvert à Pont-à-Marcq le CRESDA, centre pour les déficients auditifs avec des troubles associés. Deux autres centres existent dans la région pour les sourds, à Arras et Ronchin. Celui de Pont-à-Marcq est plus proche d’un IME (Institut médico-éducatif), avec de vrais apprentissages en fonction des capacités de chacun.

Les appareils auditifs ont changé la donne

Il y a 40 ans, il n’y avait pas ou peu d’appareils auditifs. « Aujourd’hui, les bébés sont testés dans les trois jours après la naissance. Un enfant repéré peut être appareillé avant ses 18 mois  », note Yves-Benoît Toulemonde, directeur du CRESDA.

« On travaille à la carte. Et aussi en fonction de ce que veulent les parents. »

Le responsable note une diminution de la déficience auditive, grâce aux prothèses (en contour d’oreille) et aux implants (directement sur le nerf auditif). De quoi éclipser la communication en langue des signes ? «  Ici, quand on reçoit un enfant, on travaille à la carte. Et aussi en fonction de ce que veulent les parents.  » Yves-Benoît Toulemonde ne prend pas parti pour ou contre la langue des signes, ni pour ou contre l’oralisation… «  Il y a un débat dans la communauté sourde. On laisse le libre choix aux parents. Les enseignants parlent la langue des signes et oralisent aussi. On utilise en plus la langue parlée complétée, LPC. Il s’agit d’une aide à la lecture labiale. On doit s’adapter car i l y a des échecs d’implantation et des enfants qui ne supportent pas tout simplement.  »

Quel avenir pour les jeunes du CRESDA ?

«  Notre objectif, les faire grandir dans un futur parcours d’adulte dans les meilleures conditions ! On fait attention à valoriser tous les points positifs, le secourisme, le permis piéton, Internet…  » L’intégration dans le milieu ordinaire est complexe pour ces jeunes qui cumulent des difficultés.

De rares ados, à la marge, rejoignent le collège ou le lycée. Une grande partie est accueillie à la sortie comme travailleurs en ESAT. Quelques-uns peuvent travailler avec leur handicap dans le milieu ordinaire.

Le CRESDA propose des formations jusqu’au CAP, en horticulture, maintenance du bâtiment, restauration collective, agent technique d’entretien.

Un rôle à jouer pour les enfants autistes

La société évolue et permet de plus en plus à des jeunes souffrant de handicap d’être scolarisés dans le milieu classique, en « inclusion ». D’ailleurs, huit élèves du CRESDA ont cours dans une classe qui leur est réservée à l’école primaire de Pont-à-Marcq  : ils partagent les récréations et les repas avec les autres enfants de la commune.

« Beaucoup de parents sont désemparés, en souffrance, et doivent aller scolariser leur enfant en Belgique. »

Face à cette évolution, Yves-Benoît Toulemonde estime que l’établissement doit accueillir de plus en plus d’enfants autistes, pas forcément atteints de surdité. «  Il faut qu’on arrive à gommer cette frontière. On a un savoir-faire qui marche avec les enfants porteurs d’autisme. Notre structure fonctionne vraiment à la carte, avec des enseignements, de l’orthophonie, de la psychomotricité. Quand je vois que beaucoup de parents sont désemparés, en souffrance, et doivent aller scolariser leur enfant en Belgique, je pense qu’on a un rôle à jouer à l’avenir.  »

En chiffres

130  : le nombre d’enfants accueillis de 3 à 20 ans souffrant de surdité et de troubles associés (troubles du comportement, autismes, etc.).

68  : logent à l’internat, tous en chambre individuelle.

9  : jeunes viennent de la région parisienne !

20 % des jeunes souffrent de ce qui est catalogué comme « handicap rare ».

25 % des enfants accueillis ont un mandat de protection de l’enfance. C’est-à-dire que le week-end, ils sont en familles d’accueil.

8  : le nombre d’élèves de la classe de sourds intégrés à l’école primaire de Pont-à-Marcq. Ils ont une classe à eux mais partagent le quotidien des autres élèves (récréation, cantine, etc.).

140  : salariés y travaillent, soit 109 équivalents temps plein.

Source http://www.lavoixdunord.fr - 19 Novembre 2017 à Pont-à-Marcq
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