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Les lycéens de Saint-Joseph découvrent la langue des signes depuis la rentrée

Vingt-cinq élèves du lycée Saint-Joseph de Vierzon suivent une initiation à la langue des signes. Un atout pour le futur de ces jeunes.

«Pour la couleur jaune, le petit doigt part des lèvres. Pour le marron, on dessine un cercle sur le menton avec le poing fermé. » Tout en dessinant une série de symboles sur le tableau blanc, Anne-Laure Salak énumère des noms de couleurs, le thème de sa leçon du jour.

La jeune femme est une intervenante de l’École de langue française des signes (ELFS) de Bourges. On est jeudi matin et face à elle se trouvent, dans cette salle de classe du lycée Saint-Joseph, une dizaine d’élèves en section accompagnement, soins et services à la personne (ASSP). Ils notent chaque geste. Puis l’imitent.

« C’est un plus. Sur notre CV, cela peut faire la différence »

Une fois par semaine, le petit groupe de lycéens, tous volontaires, suit ce cours de langue française des signes. L’établissement privé propose depuis la rentrée une initiation dispensée par l’association. Une première, et une initiative encore rare.

Connaître les rudiments de la langue des signes est un atout, estime la proviseure du lycée, Karine Rabasté. Surtout pour ces élèves qui se destinent à des carrières dans le domaine du soin. « Ils seront amenés à travailler avec des personnes en situation de handicap ou avec des personnes âgées. Il est donc intéressant de diversifier la pratique pédagogique. »

Pour ce premier cycle d’initiation, vingt-cinq jeunes se sont lancés. « C’est quelque chose qui m’a toujours intéressée, assure Noémie, dix-sept ans, l’une des élèves de terminale. J’avais envie de découvrir comment se pratique cette langue et c’était l’occasion de le faire. »

Sa camarade Marjorie, dix-huit ans, compte aller en école d’infirmières. « C’est un plus et sur notre CV, ça peut faire la différence. C’est utile car, pendant un stage dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, j’ai déjà été confrontée à une personne malentendante. »

Lors des cours, chaque jeudi durant trois quarts d’heure, l’apprentissage a pour support un tableau. Il décrit la configuration, l’orientation, le placement et le mouvement des mains. Une méthode créée par la directrice de l’ELFS, Anaïs Maquin, qui a fondé la structure en 2010. « Il n’existe pas de système universel pour transmettre la langue des signes, explique Anne-Laure Salak. Ce tableau permet de lire le signe, de travailler une fois qu’on est chez soi. »

À la fin de l’année scolaire, les élèves n’auront pas d’examen. « C’est avant tout une découverte, souligne la proviseure du lycée. Mais il y a de bons retours. Si l’intérêt se confirme, on peut envisager de développer cet enseignement. »

Ouvrir l’esprit et développer l’imaginaire

De l’avis de l’intervenante, faire entrer la langue française des signes en milieu scolaire est une bonne chose. « Elle peut être utile à tout le monde. Elle ouvre l’esprit et développe l’imaginaire. Après avoir été interdite pendant un siècle, elle est reconnue depuis 2005. C’est un peu injuste qu’elle reste oubliée. »

L’ELFS intervient déjà dans des écoles du Cher, principalement dans le cadre des nouvelles activités périscolaires (NAP). Et elle aimerait intervenir davantage dans les établissements du secondaire. « L’idée pourrait être de monter un projet de chant, de spectacle. »

L’École de langue française des signes (ELFS) est agréée et dispense des cours à Bourges, Vierzon et Châteauroux. Elle intervient aussi dans les écoles du Cher, propose des ateliers de chant signé et bébé signe.
Contact : 09.87.00.94.37 ou 06.63.03.30.93?; elfslsf@outlook.com.
Source http://www.leberry.fr - 13 Octobre 2017 à Vierzon
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