La main des sourds

Quand trois sourds-muets jouent les pieds nickelés

Audience hallucinante au tribunal de Béthune jeudi 5 octobre, tant du fait de l’affaire qui y est jugée que la manière dont elle se déroule. Les faits se déroulent à Leforest, à côté d’Hénin-Beaumont. Trois jeunes sourds-muets sont accusés d’avoir incendié une voiture. Deux d’entre-deux sont présents à la barre. Une interprète est assermentée pour traduire les propos de la cour aux accusés. Mais là n’est pas le caractère surprenant de l’affaire.

Les trois jeunes hommes sont accusés d’avoir le 1er juin dernier, en groupe, volé des vélos. Également, on les accuse d’avoir incendié une voiture. Les jeunes présents à la barre reconnaissent les faits, mais nient leur intention. Pour eux, il s’agit d’un accident : ils essayaient d’allumer un prospectus pour se chauffer les mains. D’après les prévenus, le papier enflammé se serait malheureusement glissé sous une voiture. Cette version est cependant contredite dans le procès-verbal d’un des larrons qui affirme que le feu a été lancé intentionnellement. « Vous enflammez un prospectus pour vous sécher les mains, lâche la présidente, et vous le mettez sous une voiture ? » Les prévenus auraient fait le rapprochement avec leurs actions en découvrant le lendemain que la voiture avait brûlé. L’un d’eux a alors avoué les faits à la victime. Ils ne semblent pas réaliser la gravité des faits et se heurtent à la consternation de la cour. Le substitut du procureur leur rappel qu’ils risquent 10 ans de prison pour le feu, et 10 ans pour vol aggravé.

Ils sont tous les trois reconnus coupables de l’ensemble des faits et condamnés à la peine de 4 mois d’emprisonnement avec sursis. Ils devront réaliser 105 heures de travaux d’intérêts généraux en 18 mois. Ils devront voir un médecin qui déterminera leurs capacités de travail. Une sentence clémente du propre aveu de la cour. Celle-ci a considéré l’absence de casier judiciaire les concernant. Un des jeunes tente tout de même : « Et si je suis fatigué, comment je fais ? Je suis obligé d’aller travailler ? » La réponse de la présidente est bien entendu positive.

Source http://www.nordlittoral.fr - 6 Octobre 2017 à Béthune

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