La langue des signes lui a tout de suite parlé

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Sigolène Brun s’est installée en tant qu’interprète en langue des signes depuis novembre dernier. Selon elle, cette langue devrait être considérée comme toutes les autres pratiquées dans le monde.

La surdité est un handicap invisible. Les personnes sourdes ne le portent pas sur leur front. Pourtant, elles sont nombreuses en Saône-et-Loire et éprouvent des difficultés dans de nombreuses situations. » Pour faire le lien entre les sourds et les entendants, Sigolène Brun a décidé de devenir interprète en langue des signes. La jeune femme s’est installée à Dampierre-en-Bresse en novembre dernier et sillonne la Saône-et-Loire ainsi que le Jura, l’Ain et la Nièvre. « Nous sommes peu nombreux, deux dans le département depuis peu de temps. Dans le Jura par exemple, il n’y a pas d’interprète en langue des signes », confie-t-elle.

Du rendez-vous chez le médecin aux vœux du maire

Sigolène Brun intervient dans toutes sortes de situations de la vie quotidienne. « Ce peut-être pour un rendez-vous chez le médecin, chez le notaire, pour traduire le code de la route, etc. Mais aussi pour des manifestations telles que les vœux du maire ou des visites guidées au musée. Nous pouvons être aussi appelés au tribunal ou pour un rendez-vous parent professeur », ajoute-t-elle.

Cette vocation ne lui est pas venue par un proche ou une connaissance atteinte de surdité. « J’ai commencé en faisant des cours du soir quand j’étais à la fac. Ça tombait bien, c’était juste à côté de mon appartement. J’ai beaucoup aimé, je m’y suis de plus en plus intéressée », se souvient-elle. C’était en 2007. « Je ne me prédestinais pas du tout à ce métier. Pour vous dire, je voulais être sage-femme. Et puis je me suis orientée vers la médiation sociale. J’ai suivi jusqu’au bout le programme des cours du soir, puis j’ai fait des stages intensifs. J’ai obtenu un poste de secrétaire au sein de l’association Fernand Berthier de Louhans. J’y suis restée cinq ans. »

Sigolène Brun parcourt tout le département pour traduire des manifestations.

Sigolène Brun a ensuite passé un master d’interprète en langue des signes. « J’étais à l’École supérieure d’interprètes et traducteurs (ESIT) à Paris. C’est le même cursus que pour les autres langues. J’ai obtenu mon diplôme en juin dernier ».

Pour elle, la langue des signes n’est pas qu’une simple transposition de mots en gestes, « il faut être très précis, la communication passe aussi par les expressions du visage. Ça peut faire penser à du théâtre ». C’est d’ailleurs ce qui lui a plu dans la langue des signes.

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