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Hauts de Seine Habitat

« La surdité, ce n’est pas une maladie »

Appareillée depuis l’âge d’un an, Hélène Merliaud, maman de deux enfants, mène une carrière quasi normale dans un domaine qui lui plaît. Bien entourée mais non sans abnégation.

 

« J’ai eu de la chance. » C’est ainsi qu’Hélène Merliaud résume son parcours professionnel. À 38 ans – depuis le 9 mai – elle travaille 32 heures par semaine au service trésorerie d’EDF à Limoges « avec dix autres collègues et ils sont super ! J’ai toujours été bien intégrée. » Entrée dans la structure en septembre 2001 en contrat de qualification dans le cadre de son bac pro services, la souriante jeune femme, malentendante de naissance, a su faire fi de ses appréhensions pour y évoluer.

Ce qu’elle ne dira pas, sûrement par discrétion, c’est qu’elle a dû toutefois faire montre d’une certaine force de caractère vis-à-vis des autres, et d’un système pas adapté. « J’ai subi quelques moqueries mais pas beaucoup », minimise-t-elle pudiquement. Une retenue qui frôle l’émotion lorsqu’elle évoque sa scolarité.

« J’ai toujours été à l’école normale. Je n’avais pas d’aide mais les professeurs s’adaptaient un peu. Au collège Calmette, j’ai bénéficié de cours de soutien avec d’autres élèves malentendants ou sourds. Mais au lycée ça a été très dur. Très dur », répète Hélène, un tremblotement dans la voix. Qui perdure quand elle se remémore les séances d’orthophonie « deux fois par semaine, le mercredi et le samedi, du primaire jusqu’à la fin du collège ». Seul réel souci dans ses études : l’apprentissage de l’anglais, « trop compliqué ».

Bilingue

Qu’importe, elle est bilingue. Français et langue des signes française (LSF). C’est pourtant récemment qu’elle l’a apprise, par la force des choses. « En 2013, comme j’entends très mal au téléphone*, j’ai eu un aménagement de poste avec un ordinateur équipé d’une caméra, explique Hélène, appareillée depuis l’âge d’un an. Je pouvais contacter une interprète qui me traduisait en LSF ce que disait la clientèle et moi je répondais en parlant. Mais je n’étais pas à l’aise et j’ai suivi une formation à la maison des sourds. »

Élevée par des parents entendants « qui se sont toujours mobilisés pour que j’aie une vie normale », soutenue par sa sœur, dont elle est très proche, puis par son mari et aujourd’hui ses deux fils de 8 et 5 ans, Hélène, adepte de pilates et de zumba, apprécie de mener la vie dont elle avait envie. À quelques détails près toutefois. Des frustrations, comme celle de ne pouvoir accompagner ses enfants au cinéma ou de se priver de films français, faute de sous-titrages.

« Il existe une loi depuis février 2005 (pour l’égalité des droits et des chances, ndlr) mais rien n’est vraiment fait. Chez EDF, je fais partie du comité de pilotage handicap pour essayer de toujours faire mieux. J’aimerais que tous ceux qui sont dans le commerce ou en contact avec des gens soient sensibilisés au handicap. Souvent, cela se passe mal car il y a de la méconnaissance. La surdité, ce n’est pas une maladie, ce n’est pas contagieux ! »

(*) Elle entend les voix mais ne les comprend pas.

 

Source http://www.lepopulaire.fr - 29 Mai 2017
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