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Privés de CP en langue des signes, deux enfants sourds orientés vers une classe ordinaire

Scolarisés en unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) maternelle à l’école des Deux-Parcs, ils n’ont pas de place en Ulis élémentaire et devront aller dans une classe ordinaire.

Une décision «inadmissible» pour ces deux familles d’enfants sourds. Kelly Horta, 6 ans, et Timéo Le Moing, 5 ans et demi, scolarisés en Unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) maternelle Trouble de la fonction auditive à l’école des Deux-Parcs de Champs-sur-Marne ne pourront pas intégrer l’Ulis élémentaire à la rentrée 2017.

«Conformément à la loi, pas plus de douze enfants ne peuvent être affectés en Ulis. Ils ont terminé leur scolarisation en Ulis TFA maternelle et par manque de place, je ne peux les affecter en Ulis élémentaire. Ces élèves pourront être scolarisés en classe ordinaire dans leurs écoles de référence», précise l’inspection académique dans un courrier.

«Cette Ulis est très spéciale, totalement en langue des signes française (LSF), dans une école de quartier», indiquent les parents, domiciliés dans le Val-de-Marne et à Bussy-Saint-Georges. «Cela veut dire que tout le programme scolaire est fait en LSF. La cantine et les temps d’activités périscolaires sont aussi en LSF grâce à des animateurs sourds.» En classe, une maîtresse entendante venant de l’Education nationale et une éducatrice scolaire sourde venant d’un service de soutien à l’éducation familiale et à l’intégration scolaire de Noisiel interviennent en binôme.

«Le CP de ces enfants est foutu !»

«Tous les ans, nous ouvrons des Ulis autant en écoles qu’en collège (NDLR : 136 dans le département à ce jour). La décision d’orienter vers une Ulis relève de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). S’il n’y a pas de place, l’Education nationale se doit de les scolariser», précise la direction des services départementaux de l’Education nationale.

«Ces élèves seront les seuls sourds de leur classe avec, au mieux, en cours d’année, une auxiliaire de vie scolaire. Le CP de ces enfants est foutu !», regrette l’association de parents d’élèves sourds les Rebeccas, qui les soutient. Autre possibilité : un établissement spécialisé. «Nous le refusons. Nos enfants sont scolarisés depuis leur entrée en maternelle dans le cadre de l’Ulis. On a fait un choix d’éducation et de parcours scolaire en LSF, exprimé dans le dossier MDPH», reprennent les familles.

Elles réclament une troisième Ulis dans l’école des Deux-Parcs ou, à défaut, la création d’un pôle d’enseignement pour jeunes sourds (PEJS) bilingue LSF/français écrit en Seine-et-Marne.

Source
http://www.leparisien.fr - 5 Juillet 2017 à Seine-et-Marne
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