La main des sourds

Classe d’enfants sourds : bientôt 40 ans

L’an prochain, la classe pour sourds et malentendants de l’école Paul-Émile-Victor fêtera quatre décennies. Plusieurs actions vont être menées dès septembre pour célébrer cet événement. Reportage dans cette unité unique à Épinal.

Des tableaux, des petits bureaux, des pots à crayons de toutes les couleurs, des dessins aux murs : pas de doute, nous sommes bien dans une classe.

Quelques détails indiquent qu’elle n’est, cependant, pas pareille que les autres. Deux notamment : il y a une affiche sur le langage des signes accrochée au mur, et le nombre d’enfants de la classe ne dépasse pas les dix doigts des mains. Alors que, d’ordinaire, on compte entre vingt et trente-cinq enfants par enseignant…

Confiance

Cette classe, c’est la classe Ulis de l’école Paul-Émile Victor, située rue de Nancy. Ulis, ça veut dire : unité localisée pour l’inclusion scolaire. C’est une classe spécialisée. Avec peu d’enfants donc, et un enseignant, un seul, Arnaud Sustersic, qui a été formé pour s’occuper des enfants victimes de troubles des fonctions auditives.

L’enseignant avait neuf élèves, filles et garçons, cette année. Ce lundi 26 juin après-midi, ils ne sont que six pour l’atelier de découverte artistique avec la peintre Setou, invitée par l’association de parents et amis de personnes atteintes de déficience auditive (AVPADA). Six : un idéal pour la plupart des enseignants ; une nécessité ici.

« La surdité, explique le professionnel, entraîne une difficulté dans l’expression orale. Les choses prennent donc beaucoup plus de temps. Il faut des explications simples. Parfois, certaines consignes sont données en langage des signes. » Le but de l’atelier est que ces enfants prennent confiance en eux. Comme tous les autres enfants de leur âge, ou presque. Setou, pour qui cette rencontre avec des enfants malentendants est « une première », a immédiatement adapté son atelier.

« Pas peur de mal faire »

« On est parti sur un fond d’abstraction, avec des taches de couleurs. Ensuite, je les ai emmenés vers la figuration de personnages et d’animaux. Au départ, on devait travailler sur l’autoportrait. Mais j’ai préféré l’abstraction pour qu’ils n’aient pas peur de dessiner ou de mal faire », confie-t-elle.

Ce type d’animations devrait se poursuivre à partir de la rentrée de septembre. 2018 est une année importante pour la classe : c’est son quarantième anniversaire. Arnaud Sustersic évoque de nombreuses actions à venir : un professeur viendra, a priori, faire de l’origami ; un atelier contes pourrait également être organisé. L’événement sera en tout cas sans nul doute célébré à la fête de l’école en juin 2018.

Tout cela ne représente peut-être pas grand-chose aux yeux du commun des mortels. Mais pour ces petits princes et ces petites princesses, c’est se sentir au monde.

Source http://www.vosgesmatin.fr - 28 Juin 2017

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