Pour pouvoir composer entre vie professionnelle et maladie, elle apprend la langue des signes!

À voir comme ça au quotidien Corinne Manczak on a du mal à imaginer que la Liévinoise souffre des effets de la maladie de Crohn. Pourtant, depuis 2013, c’est une lutte acharnée que mène Corinne aidée qu’elle est dans son combat par Grégory son mari et ses trois enfants. Témoignage.

Tout allait bien dans le meilleur des mondes pour Corinne. En 2013, une maladie vient changer la donne. Corinne est salariée à l’enseigne Carrefour à Liévin, à temps plein. Elle passe à un temps partiel (28h/semaine) mais son état général de santé se détériore. Tout bascule durant les vacances d’été où elle regarde un reportage à la télévision qui la perturbe au plus haut point.

Les symptômes décrits par une femme souffrant de la maladie de Crohn ressemblent à s’y méprendre à ceux qui la font souffrir en permanence  : «  J’en ai parlé à mon mari et j’ai décidé d’aller consulter un gastro-entérologue à Liévin.  » En l’occurrence le Dr  Devienne qui ne tarde pas à diagnostiquer la maladie de Crohn. Une vraie claque pour cette maman de trois enfants. Elle ne sait même pas s’il elle peut s’en sortir ! À 45 ans, sa vie est totalement chamboulée.

Il en faut plus cependant pour qu’elle baisse les bras. Plusieurs obstacles se dressent devant elle : les douleurs articulaires qui se multiplient et les soucis intestinaux liés à la maladie. Les médicaments ne font pas tout y compris avec de forts dosages : «  Ils soulagent mais ils ne guérissent pas.  » La médecine du travail lui accorde un taux d’invalidité de 30 % dont les conséquences ne sont pas faciles à digérer au travail. Alors qu’elle pense toucher le fond, c’est une simple « discussion » avec une personne sourde et malentendante qui provoque un déclic. «  Je me suis dit que je pourrais être utile à Carrefour si j’apprenais la langue des signes. »

Une formation qui fait jaser

Elle sollicite donc une formation continue spécifique qui ne manque pas d’intriguer. Une première étape est franchie. La deuxième est constituée par l’arrivée de Yann Willaume comme directeur de l’hypermarché. Il trouve l’idée excellente ! Forte aujourd’hui des bases indispensables, Corinne Manczak arpente les différents services de l’enseigne où l’on requiert son aide : «  Je me suis rendu compte que les sourds et les malentendants composaient un contingent non négligeable de la clientèle et qu’ils ont véritablement de gros problèmes pour se faire comprendre sinon par écrit !  »

Non seulement ce travail lui permet de ne pas rester assise trop longtemps mais il permet aussi de réagir vite en cas de crise en cours. Parallèlement, l’enseigne Carrefour, elle, a trouvé là un moyen original de répondre à une attente.

Une association, pour ne plus être seuls

« Une fleur, un sourire pour la vie » c’est le nom de l’association créée par les époux Manczak en 2016. Depuis 1 an, Corinne essaie d’en faire la promotion. Les débuts ont été plutôt timides mais là n’est pas l’essentiel : «  Les personnes qui souffrent de la maladie de Crohn se retrouvent assez vite isolées. Idem pour celles qui souffrent de rectocolite hémorragique.  » L’idée de la Liévinoise est de fédérer autant que faire se peut la parole de ceux qui sont touchés et qui n’osent pas en parler : «  Nous avons créé un compte Facebook pour nous faire connaître. J’étais contre Facebook avant, j’ai changé d’avis !  »

La méthode a permis de composer un petit noyau de vingt-sept adhérents, concernés de près ou de loin par les deux maladies. Au fil des mois, les premières initiatives ont pris forme : «  Avec l’accord de mon employeur je peux de temps en temps distribuer des flyers à l’entrée du magasin. Cela nous permet de nous faire connaître, d’expliquer les caractéristiques de la maladie et les dispositions qu’il faut prendre.  »

Le meilleur est à venir. L’association, désormais rodée, est en mesure de répondre à toute demande d’intervention émanant d’autres associations, de particuliers, de collectivités ou encore d’établissements scolaires. «  Plus on peut diagnostiquer rapidement la maladie moins les conséquences sont pénibles, explique Corinne. Dans mon cas, j’ai été diagnostiquée à temps.  » La maladie peut arriver à tout âge, elle est génétique (lire ci-dessous) mais peut facilement être canalisée à défaut d’être guérie. L’association peut expliquer tout ça.

Contacts

Corinne au 06 72 99 03 55, Béa au 06 21 04 67 46 ou Isabelle au 06 42 75 81 58 ou sur la page Facebook «Une fleur, un sourire pour la vie».

Source http://www.nordeclair.fr - 1 Juin 2017 à Liévin
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