La main des sourds

Sourd, Vivien revient sur la campagne présidentielle

La campagne électorale était-elle suffisamment accessible pour les personnes sourdes ? Éléments de réponse lors de l’inauguration d’une place, samedi 6 mai, à Guipry-Messac.

La commune de Guipry-Messac (Ille-et-Vilaine) compte désormais une « Place de la langue des signes française », depuis le samedi 6 mai, dans une ruelle perpendiculaire à la rue des Gabelous.

Vivien Fontvieille, un habitant sourd, a inauguré la petite place, située devant chez lui, à l’occasion de ses 30 ans, en compagnie de Françoise Poutrain, l’adjointe au maire chargé notamment de la culture. « C’est une victoire ! »

Vivien Fontvieille a inauguré la « Place de la langue des signes française », samedi 6 mai.

« Pas de focalisation sur la surdité »

Une vingtaine de personnes sourdes – des amis de Vivien Fontvieille venus des quatre coins de la France – étaient présentes pour l’occasion. Une belle opportunité pour discuter ensemble de l’état des conditions d’accessibilité dans le pays.

Mais aussi de parler des élections. « Dans tous les programmes des candidats du premier tour, il n’y avait pas de focalisation sur la surdité, indique Vivien Fontvieille. Ils parlent toujours du handicap en général. »

Une vingtaine de personnes sourdes étaient réunis à Guipry-Messac, samedi 6 mai.

Les candidats interpellés

La Fédération nationale des sourds de France (FNSF) a directement interpellé les différents partis, en février, pour que les campagnes soient rendues accessibles.

 Et également pour que les candidats s’engagent à reconnaître « la langue des signes comme langue de la République dans la constitution », car « 300 000 sourds en France communiquent avec cette langue », écrit l’association sur son site internet. « Une langue qui n’est pas internationale », précise Sébastien Lelièvre, l’ami de Vivien qui a organisé le rassemblement.

Quatre réponses

Quatre candidats ont répondu. Seul Benoît Hamon s’était engagé à faire la réforme constitutionnelle nécessaire en faveur de cette mesure. « C’est aussi le seul qui a traduit son programme en langue des signes, qui est notre première langue », indique Vivien Fontvieille, déçu par l’élimination du candidat socialiste au premier tour.

Dans cette campagne finalement vécue globalement « comme les autres », il trouve cependant « dommage » que le débat d’entre-deux-tours n’ait pas été doublé à la télévision. « Sur internet, un doublage était disponible. Mais c’est pénible de devoir aller sur internet. On aurait aimé suivre ça à la télévision, comme tout le monde. »

Source http://www.ouest-france.fr - 7 Mai 2017 à Guipry-Messac

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