Sophie Vouzelaud: sourde, oui, mais bavarde aussi!

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TÉMOIGNAGES Première dauphine de Miss France 2007, elle a fait de son handicap une force. Rencontre avec la jeune femme.

Elle n’est pas du genre à baisser les bras. D’ailleurs, elle démontre que son handicap ne l’empêche pas de relever des défis. Et de taille! Après le concours Miss France, Sophie Vouzelaud a participé à l’émission Danse avec les stars. Deux supports qui lui ont permis de médiatiser son combat pour l’intégration des personnes sourdes.

Vous avez démontré que la surdité n’était pas un obstacle à la danse. Est-ce que votre handicap vous a empêché de faire certaines choses dans la vie?

Oui, car on ne peut pas toujours choisir le métier qu’on aimerait faire. Les entreprises sont encore mal informées et ont des difficultés à embaucher les personnes handicapées malgré nos capacités.

Les gens ont peur de parler avec nous en général. Dans le mannequinat, c’est très difficile de s’imposer à cause du handicap.

Comment combattez-vous la discrimination et la désinformation au sujet de la surdité?

Grâce aux médias, j’ai pu montrer mon combat de tous les jours. Concernant la discrimination, c’est important d’informer que nous sommes comme tout le monde, il y a juste une adaptation à faire.

Que retenez-vous de votre passage à Danse avec les stars?

Quand on m’a proposé d’y participer, je n’ai pas hésité. Une fois de plus, je voulais prouver que malgré ma surdité, j’étais capable de danser, et ce même sans entendre la musique.

Le soir, après les entraînements, j’étais exténuée, mais je suis fière d’y être arrivée. A titre personnel, cette expérience m’a apporté de l’assurance et de la confiance.

Vous arrive-t-il de douter?

Bien sûr, surtout dans le milieu professionnel. Le handicap est encore méconnu, toujours à cause de cette peur de la différence.

Que faudrait-il changer, justement, pour vaincre cette peur?

Expliquer ce qu’est la surdité, notamment aux plus jeunes. Il y a parfois des moqueries qui blessent, alors que nous essayons simplement de nous intégrer.

Durant l’enfance et à l’adolescence, avez-vous connu des moments difficiles?

Ouh là oui! Surtout à l’adolescence, on disait que je parlais comme un singe (ndlr: Sophie lit sur les lèvres, et parle). Je me retrouvais souvent seule à la récréation.

Qu’est-ce que vous voudriez dire aux autres personnes sourdes qui doutent parfois?

Ne jamais douter de soi, cette différence est notre force! Il ne faut jamais abandonner devant la difficulté.

Et que dire aux gens qui n’osent pas vous parler?

Lorsque je suis accompagnée, en principe, les gens s’adressent à l’autre personne. Ils s’imaginent que je ne comprends pas. C’est frustrant! Alors à ces personnes, n’ayez pas peur; nous sommes capables de comprendre, il y a toujours des solutions.

Sophie a répondu à mes questions par WhatsApp. Malade, je ne pouvais pas parler (normalement, elle fait ses interviews par téléphone, son agent lui répète les questions et elle y répond). Sophie a démontré qu’elle pouvait s’adapter à mon problème de voix. L’intégration va dans les deux sens. La prochaine fois, on échange.

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