Rémy Lemaire participera au camp junior des sourds en Australie

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Rémy Lemaire bénéficie de l’aide de Magali van den Abeele pour pouvoir se faire entendre

Rémy Lemaire (Tournai) s’envolera pendant les vacances de Pâques pour Phillip Island, en Australie.

Le parcours de Rémy Lemaire force l’admiration: âgé de 15 ans tout prochainement, cet étudiant des Ursulines – il y suit les cours en 3e, option socioéconomie avec l’aide de l’Apedaf, l’association des parents d’enfants déficients auditifs francophones – fera partie de la délégation belge, aux côtés d’un Namurois et d’un Bruxellois sourds également, qui s’envolera pour Melbourne, en Australie, un pays qu’il tenait absolument à découvrir et qui accueille pour la première fois le camp junior de la Fédération mondiale de la jeunesse sourde; 25 pays y participeront. La prochaine fois que sera organisé ce camp, ce sera en Chine.

«J’ai vu sur Facebook qu’il y avait une personne de la Fédération des sourds de Belgique qui faisait une demande d’offres pour l’Australie. J’ai dû me présenter en vidéo; j’y ai expliqué en langue des signes que j’étais intéressé; j’ai réalisé une lettre de motivation en quelque sorte.» Et ça a marché: pour la première fois, Rémy prendra l’avion et partira de l’autre côté de la terre.

Il affiche, à quelques jours du départ, une sérénité qui fait plaisir à voir!

«Un camp junior réunit ainsi des jeunes de toutes les régions du monde pour promouvoir le leadership, l’éducation aux droits de l’homme et l’égalité ainsi que pour célébrer l’identité linguistique et culturelle des sourds. Pour la première fois dans l’hémisphère sud, l’Australie accueille ce prochain camp pour les jeunes de 13 à 17 ans. Nous serons répartis en plusieurs groupes; et ce ne sera pas pour jouer seulement…»

Peut-être aura-t-il l’occasion de s’essayer aussi au baseball – qu’il pratique depuis deux ans – ou au badminton, les deux activités physiques dans lesquelles il s’investit grandement: «C’est un moyen d’intégration avec le monde des entendants, explique-t-il. Le sport, c’est visuel: il suffit de me monter une ou deux fois les mouvements corrects à effectuer, et je les reproduis. Idem pour signer…»

Pour preuve de sa motivation, Rémy s’est initié à la langue des signes anglaise: «Il y a des similitudes avec la langue des signes que j’utilise depuis toujours; au début, j’irai doucement. La langue des signes n’est pas comme une langue orale; quand on rencontre des sourds, il y a des choses différentes mais aussi des correspondances qui aident. La langue des signes anglaise met ainsi toutes les voyelles au bout des doigts; ça peut être déstabilisant dans les premiers temps… Au bout de quelques jours, la communication devient facile, du moins pour les choses de bases.»

À son retour, une conférence sera donnée au parlement, à Bruxelles.

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