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Mobilisation « inédite » au centre Jacques-Cartier

Les salariés de la structure, qui accueille des jeunes sourds ou atteints de troubles du langage, s’inquiètent des réorganisations en cours. Ils dénoncent un manque de dialogue.

De mémoire de salarié, on n’avait pas vu ça depuis longtemps. « Une grève comme ça, en dehors des mots d’ordre nationaux, c’est inédit », selon Denis Le Buhan, secrétaire de la section CGT du centre Jacques-Cartier. « La dernière fois, c’était en 1978 », précise Michelle, à la retraite depuis cinq ans, venue quand même soutenir ses anciens collègues. Hier matin, une quarantaine de salariés du centre, spécialisé dans la scolarisation et l’accompagnement des enfants sourds, malentendants ou atteints de troubles du langage (dyslexie, dysphasie, etc.) se sont rassemblés devant les grilles de l’établissement, à l’appel de la CGT et de la CFDT. Deux jours après la mobilisation nationale dans le sanitaire et le médico-social, le personnel de Jacques-Cartier a tenu à organiser sa propre journée. « Le secteur est en souffrance depuis des années dans le pays, et le centre Jacques-Cartier n’est pas exempté. Les restrictions budgétaires y sont aussi à l’oeuvre », dénonce Denis Le Buhan. Hausse du nombre de contractuels, suppression d’un dispositif d’accompagnement dans l’entrée dans la vie active, craintes de voir l’internat à la carte remis en cause… « La direction n’assume plus son rôle de protection par rapport à des politiques très austères », estime le responsable syndical. La fusion avec les Mauriers à Plaintel, qui accueille des déficients intellectuels, inquiète également, qualifiée de « mariage forcé ».

« Le personnel est tenu à l’écart des décisions »

Les salariés, qui disent « comprendre » les nécessités de réorganisation, dénoncent surtout la méthode employée par la direction. « On interroge son attitude, son management.
Les projets sont menés sans concertation, le personnel est tenu à l’écart des décisions, alors que c’est eux qui sont au plus près des réalités », dénonce Denis Le Buhan, qui pointe aussi une « déconsidération du travail des salariés ». « Confiance, considération, concertation », appelaient-ils d’ailleurs sur l’une de leurs banderoles, hier. « La direction ne nous écoute pas, on sent une défiance à notre égard », dit une manifestante, enseignante spécialisée. Résultat : le malaise s’est répandu parmi le personnel. « On n’a pas de visibilité sur l’avenir du centre », estime Denis Le Buhan. « On a le sentiment que le projet d’établissement est en train de changer, et pas vers le positif », craint aussi une enseignante spécialisée.

« On a toujours été dans la concertation »

« Passionné » par son métier, Yannick Gicquel, éducateur spécialisé qui travaille là depuis 23 ans, redoute que « ce bel outil, unique dans la région, performant et opérationnel, soit remis en question ». « Quand ils arrivent ici, raconte-t-il, certains jeunes n’ont plus de vie sociale. Ici, ils trouvent un lieu pour rebondir. La plupart réintègrent ensuite le milieu ordinaire et ça marche bien. Mais depuis la loi de 2005 sur le handicap, l’heure est au tout-inclusion. » Le directeur Nicolas Bordet se dit « surpris » par ce mouvement et les revendications exposées. « On a toujours été dans la concertation », assure-t-il, estimant que le malaise est surtout lié au projet de fusion, qui suppose notamment une remise à plat du temps de travail. « Il y a une crainte légitime de perdre son identité, mais le projet de fusion n’est pas dicté par des considérations budgétaires, les deux établissements sont à l’équilibre. Il n’y a aucune perspective de suppressions de postes ou de choses de cet ordre. »

Source
http://www.letelegramme.fr - 10 Mars 2017
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