Les chauffeurs sourds d’Uber pourraient revenir

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Exclus du projet pilote d’Uber, la cinquantaine de chauffeurs sourds pourraient reprendre la route si la SAAQ recommande l’abolition de certaines restrictions médicales ce printemps.

Le ministère des Transports a demandé à la SAAQ de se pencher sur les critères médicaux restreignant l’obtention des permis 4b et 4c, qui permettent de conduire des taxis et des minibus.

Un comité de travail a été mis en place à la suite d’une demande du Centre de la communauté sourde du Montréal métropolitain (CCSMM) auprès du ministre des Transports Laurent Lessard pour évaluer ces restrictions, notamment en ce qui concerne les seuils d’audition.

Lundi, Uber demandait que le permis de classe 4c soit revu par la SAAQ et potentiellement fusionné avec la classe 5 lors de la consultation publique sur la sécurité routière.

En novembre, la communauté sourde se mobilisait et songeait même à aller devant les tribunaux pour faire invalider ces restrictions, qu’elle jugeait «discriminatoires». Ces chauffeurs sourds ont été exclus de la plateforme Uber en décembre après que Québec ait statué que tous les chauffeurs Uber devraient obtenir un permis de classe 4c.

Enjeux de communication

Depuis le début, la SAAQ rappelle que ce règlement a été instauré afin que la «communication verbale soit immédiate et efficace en cas d’urgence pour le transport de passagers». Le comité de travail devra notamment évaluer si les technologies actuelles permettent aux chauffeurs de communiquer efficacement avec les services d’urgence et avec leur clientèle.

«On veut faire la preuve qu’on est capable, tout autant qu’un entendant, d’utiliser ce genre de transport», a souligné Louis Desbiens, un ancien chauffeur Uber sourd, lors de la consultation publique.

Selon lui, la loi est obsolète et ne tient pas compte du service de textos au 911 pour les sourds et malentendants implanté par le CRTC.

Et pour la communication avec la clientèle, «on s’adapte», a indiqué M. Desbiens.

Le comité devra également évaluer la concordance d’éventuelles modifications avec les autres administrations provinciales avant de déposer son rapport ce printemps.

Le porte-parole d’Uber, Jean-Christophe de Le Rue, s’est d’ailleurs dit encouragé par ces développements et rappelle qu’une «technologie spéciale» a été mise en place pour les chauffeurs sourds afin d’assurer leur sécurité.

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