Sourd, Adam Bouacham évolue en U15 dans le club du Palais-sur-Vienne

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« J’aime marquer des buts ». Voilà ce qui motive Adam, 14 ans.?

Atteint d’une surdité profonde, Adam Bouacham, 14 ans, surpasse son handicap en tapant le cuir au Palais-sur-Vienne.
À l’entraînement des équipes U15 du Palais-sur-Vienne, tout est normal. Des gamins tapent dans le ballon, suivent les consignes de leur coach puis regagnent le vestiaire après plus d’une heure trente d’effort. Au milieu de cette bande de potes, Adam, 14 ans.

Atteint d’une surdité profonde, il est totalement intégré au groupe mais ne parle pas beaucoup. La raison en est toute simple. « Adam a été détecté sourd profond à trois ans, explique son père Aziz. Ce qui est très tard puisqu’un enfant apprend à parler entre un et deux ans. De ce fait, il n’a pas emmagasiné le vocabulaire nécessaire depuis sa naissance et à donc du mal à s’exprimer. »

L’école lui
conseille le sport collectif
Adam entend tout à fait normalement désormais. Lorsqu’il a été détecté sourd, il a subi une lourde opération afin de lui implanter des électrodes permettant le relais de l’oreille interne au cerveau. Disposant d’un appareil autour de l’oreille et d’une télécommande pour l’activer, Adam a aujourd’hui une difficulté : s’exprimer correctement.

« À l’école, ça ne se passait pas très bien au niveau de la sociabilisation, raconte son père. On nous a donc conseillé de l’inscrire dans un sport collectif. » Après plusieurs passages dans différents clubs de la banlieue limougeaude, Adam évolue depuis septembre au Palais-sur-Vienne. Et de son propre aveu, comme celui de son père, l’intégration s’est très bien passée contrairement aux années précédentes. « Dans les autres clubs, ses camarades avaient peur qu’il n’ait pas le niveau alors qu’il joue normalement, poursuit Aziz. Par exemple, il ne lui faisait pas de passe. Il était aussi souvent victime de moqueries. En bas de chez nous, il y a souvent des matches organisés par les enfants du quartier. Je voyais souvent que les autres ne le prenaient pas dans leur équipe. Ici, au Palais, tout se passe bien. Tout le monde l’aide et essaye de l’intégrer. Et désormais, il a créé son équipe pour jouer dans le quartier. »

Attaquant ou milieu offensif, Adam pratique aussi la natation « aime marquer des buts et supporte le FC Barcelone. » Aidé au club par ses coéquipiers, qui le connaissent de l’école, ou encore par son oncle qui joue dans la même équipe et qui « lui explique lorsqu’il ne comprend pas », Adam est parfaitement intégré.

« Il avait du mal à s’ouvrir aux autres »
Parlant peu du fait de son manque de vocabulaire mais aussi d’un manque de confiance en lui, l’aîné d’une fratrie de quatre enfants a pourtant fait de gros progrès. « Il avait du mal à s’ouvrir aux autres, se souvient son père. Grâce au foot, ça va beaucoup mieux. »

Pour cela son entraîneur, Dimitri Bonny, a notamment modifié ses méthodes de coaching (voir ci-contre). Muni la plupart du temps d’une feuille ou d’une ardoise, il aide Adam à comprendre les consignes et les exercices par des schémas. Un système qui ravit le jeune homme. « Tout le monde m’aide, conclut Adam. Ils comprennent ce que j’ai. » La première des acceptations pour lui.

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