Télévision. L’œil et la main, pas que pour les sourds

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Laurent Valo, codirecteur de la collection « L'oeil et la main », et le comédien Simon Attia, qui présente « L'Âge d'or ». | Nathalie Guyon/France Télévisions

C’est la seule émission en langue des signes de la télévision française, quand la plupart des programmes sont sous-titrés.

Vingt-deux ans que L’œil et la main, émission si joliment nommée, diffuse portraits et enquêtes sur France 5. Née de la volonté de Jean-Marie Cavada, ancien PDG de France Télévisions, elle émet en langue française, en langue des signes et est également sous-titrée. Autre particularité, ses équipes intègrent entendants et sourds, à l’image de la direction, assurée par Laurent Valo et Alexandra Masbou.

Un magazine fait pour et par des sourds (5 à 6 millions en France) ? Voilà qui contrarie Laurent Valo. « Beaucoup d’entendants regardent l’émission. Ils sont sans doute plus nombreux que les sourds. Quant à nos équipes, on ne les choisit pas en fonction de leurs audiogrammes », assène-t-il lors d’une communication téléphonique réalisée avec une interprète.

Les thématiques (« Vers un corps plus high-tech », « Se battre pour enseigner », « Les sourds aux États-Unis »…) sont déclinées « en fonction de l’actualité, avec des sujets qui parlent aux sourds », détaille Laurent Valo.

Aujourd’hui, L’œil et la main propose une émission sur « l’âge d’or » de la langue des signes française (LSF) : le XIXe siècle a en effet vu la langue des signes s’épanouir en France, offrant aux sourds autonomie et reconnaissance sociale. « L’histoire des sourds est mal connue, même des sourds », observe Laurent Valo.

Sous-titres obligatoires

Ludovic Lahaye, 45 ans, sourd et opérateur de l’archivage numérique à Ouest-France connaît bien l’histoire de sa communauté et n’a rien découvert en regardant cette émission. Il la juge néanmoins « super intéressante, notamment pour les entendants et les enfants ».

Ce que Ludovic Lahaye apprécie dans L’œil et la main ce sont « les thématiques ». Et la présentation : « La référence, c’est la langue des signes. » C’est la seule émission dans ce cas, à part deux flashs de Télématin (France 2, les Questions au Gouvernement (France 3) et un

Les autres programmes sont tous sous-titrés. Une obligation depuis 2005, pour les chaînes publiques comme privées dont l’audience dépasse 2,5 %. « Grâce au combat mené depuis vingt-cinq ans par les sourds, c’est beaucoup mieux, relève Ludovic Lahaye. Les sous-titres marchent très bien pour les films, reportages et documentaires. »

Mais pour les directs JT, débats politiques, grosse actualité), « la qualité n’est vraiment paterrible », déplore-t-il. Les sourds réclament une traduction simultanée en langue des signes. France Télévisions s’y est engagé pour le débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle.

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