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Sourde, muette et abusée sexuellement

A la barre, il est larmoyant et un peu terne. De sorte qu’on a du mal à penser que Bernard Bonenfant ait pu se comporter en « mâle dominant ». Il faut dire qu’il y a des personnes plus faciles à dominer que d’autres.
C’est notamment le cas de la sexagénaire, sourde et quasi-muette qui a dû subir des attouchements et autres agressions sexuelles pendant près de deux ans. Les faits ne se sont pas passés dans le huis clos d’un appartement… mais au lycée professionnel de Chinon.
L’agresseur et sa victime y étaient tous deux agents d’entretien. Bernard Bonenfant a la réputation d’être un peu lourd en matière de drague. Il ne se contente pas d’allusions salaces, il a aussi les mains baladeuses.
« Plusieurs fois, il a essayé de m’entraîner dans une salle de classe après les cours. J’ai dû, à diverses reprises, lui mettre des claques pour qu’il arrête », témoigne une autre collègue.

Mais, dans le cas de G…, il était moins facile de se rebeller et tout aussi difficile de se confier lorsqu’on est muré dans son handicap.
Plusieurs fois par semaine, en fin de journée, lorsque les élèves avaient quitté l’établissement, l’homme se dénudait partiellement ou totalement en demandant de façon de plus en plus pressante des faveurs que sa victime refusait de lui accorder.
« Cela est allé plus loin. Dans votre voiture, stationnée sur le parking du lycée, vous avez fait preuve de brutalité pour tenter d’obtenir une fellation. Vous vous êtes aussi introduit à plusieurs reprises dans son appartement où vous vous masturbiez en espérant obtenir de votre victime des rapports complets. »
Complets mais non consentis. Les témoins insistent sur le manque de gentillesse, sur l’absence d’empathie de cet homme qui n’a pourtant rien d’un prédateur.
Plus odieux peut-être, un autre collègue, muté depuis dans un autre établissement, avait, lui, coutume d’adopter une attitude pour le moins irrespectueuse à l’égard de cette femme que tout le monde savait fragile.
Alors, certes, le prévenu n’est pas un prédateur, tout juste « un homme qui avait pris l’habitude de se comporter comme un petit chef », estime Christine Blanchet, la présidente.
Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur. Bernard Bonenfant est condamné à quatre ans de prison dont deux assortis d’un sursis mise à l’épreuve.

Source http://www.lanouvellerepublique.fr © 30 Septembre 2016 à Chinon
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