Narbonne : des parents se battent pour leurs enfants sourds

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Les familles de Lana et Kévin se battent pour suivre une scolarité normale.

A l’école, Lana, 3 ans et Kévin, 6 ans, sont aidés par des AVS. Or, ces derniers ne parlent pas la langue des signes.

Lana et Kévin jouent des heures avec leurs frères et sœurs, courent partout et savent se montrer turbulents. Comme tous les enfants. À ceci près qu’eux n’entendent pas. Leur handicap n’a pas facilité leur rentrée et l’absence d’auxiliaire de vie scolaire maîtrisant la langue des signes non plus.

À 6 ans, Kévin est sourd et ne parle pas. Tout comme ses parents. En revanche, il « signe » parfaitement et communique par ce biais. Jeudi dernier, il est rentré à l’école primaire Émile-Zola. Là, mauvaise surprise : son auxiliaire de vie scolaire (AVS) ne signe pas. « Je n’étais pas d’accord, surtout qu’on avait bien signalé qu’il n’entend pas », explique son père, évoquant leur combat avant cette rentrée.

L’Inspection d’académie est alors alertée par le directeur, tant et si bien que les choses pourraient entrer dans l’ordre courant septembre, d’après les services concernés. « Mais on attend vraiment de voir… », confie Jean-Noël Lopez, président de l’association des sourds de l’Aude (ASA) qui soutient plusieurs familles dans cette situation. Pour l’heure, Kévin s’ennuie et ne peut suivre le cours.

Un recours et des mois d’attente

Lana, elle, pourrait bien voir la situation stagner toute l’année scolaire. La fillette de 3 ans vient de découvrir sa classe de petite section de maternelle. Son AVS ne signe pas non plus. « En plus, nous l’avons su seulement la veille de la rentrée », raconte Aude, sa maman, dont le combat pour l’obtention d’une AVS dure depuis janvier. « Cette dame ne sera présente que 10 h par semaine alors que Lana va à l’école 16 h. On m’a dit qu’il fallait déjà s’estimer heureux d’avoir une AVS, alors que des enfants plus handicapés n’en ont pas. »

Cette mère de deux enfants, qui consacre une partie de ses journées aux soins de sa fille, a posé un recours, qui pourrait naviguer plusieurs mois entre la Maison départementale des personnes handicapées et le rectorat. S’il aboutit. Elle choisit de garder espoir même si elle sait que l’adaptation de Lana sera longue.

« Cela paraît fou d’envoyer quelqu’un qui ne peut communiquer avec un enfant sourd pour s’occuper de lui »

Pour l’ASA, la clé passe déjà par une meilleure formation des AVS, une fonction qui tend à se professionnaliser. « On leur propose de passer un diplôme, mais pour la langue des signes, il faut toujours se former en parallèle », rappelle une bénévole. L’association réclame surtout l’ouverture d’une classe bilingue dans l’Aude, pour mélanger enfants entendants et sourds. « Il faut juste une méthode adaptée et surtout favoriser le vivre ensemble », rappelle Jean-Noël Lopez.

Et quand il s’agit de l’intégration des sourds, le président sait se montrer piquant. « Cela paraît fou d’envoyer quelqu’un qui ne peut communiquer avec un enfant sourd pour s’occuper de lui. C’est le ministère de l’Éducation nationale qui est malade, pas les sourds. Elle ferait bien d’aller voir le ministère de la Santé… »

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