La main des sourds

Rennes. Sourde, Laura n’a pas pu donner son sang

À Rennes, une jeune femme de 23 ans, sourde de naissance, n’a pas pu donner son sang. Le médecin, lors de l’entretien obligatoire pré-don, a estimé que les conditions de communication n’étaient pas satisfaisantes dans un cadre légal très rigoureux et strict.

 

« Ça m’a attristé et j’ai aussi éprouvé de la colère. Je voulais donner mon sang car je trouve que c’est un beau geste de solidarité », explique Laura, 23 ans, qui vit à Rennes. Une jeune femme sourde de naissance et qui enseigne le langage des signes.

Le 24 août, elle se rend à l’établissement français du sang de Rennes. Comme tous les donneurs, elle doit remplir un questionnaire et rencontrer un médecin pour un entretien. Aucun problème pour le questionnaire.

« Dès que je suis rentré dans le bureau du médecin, je lui ai dit que j’étais sourde mais que je pouvais lire sur ses lèvres et aussi communiquer par écrit » résume Laura.

« Devant un mur »

Sauf que ce handicap a semblé rédhibitoire pour le praticien. « Il n’a pas voulu faire le moindre effort et j’ai eu la désagréable impression de me retrouver devant un mur. Il ne me regardait même plus et travaillait sur son ordinateur. » Une véritable fin de non-recevoir. De retour chez elle, elle va raconter son histoire sur les réseaux sociaux.

Réglementation très stricte

Directeur adjoint de l’établissement français du sang en Bretagne, Bruno Damic regrette évidemment cet incident. « Ce sujet de l’accueil des sourds et malentendants n’est pas nouveau et nous préoccupe » assure-t-il. « Il est d’ailleurs suivi par le médiateur de la santé. »

Pourquoi Laura n’a-t-elle donc pas dû donner son sang ? « La réglementation est très précise et très exigeante. Le médecin doit s’assurer que le donneur a parfaitement bien compris les questions qu’on lui posait. Pour sa sécurité pendant et après le don et aussi s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indications. » Autre difficulté : « La confidentialité de l’entretien ne nous permet pas d’accueillir un tiers ou un interprète. »

 

Source http://www.ouest-france.fr © 10 Septembre 2016
1 commentaire
  1. sylvie dit

    C’est discriminatoire d’exlure une personne pour un don de sang sous motif qu’elle est sourde…ça devrait changer…toutes personnes sourdes en bonne santé ont droit au don de sang tout comme les personnes homosexuels…et les médecins oublient la règle stricte des interprètes : le secret professionnel et la neutralité donc la justification du médecin est infondée.
    Sourdialement

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