«Je vais devenir dingue»

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Séverine Gronowski et ses trois enfants n’imaginent pas vivre dans cet appartement encore plusieurs mois.

Je suis à saturation. » Séverine Gronowski, contractuelle à l’hôpital d’Arras, est arrivée il y a deux ans dans un appartement du bailleur social Pas-de-calais Habitat, après avoir vécu quinze ans en région lilloise, également dans un HLM. Les logements sociaux et la vie en communauté, elle connaît. Pourtant, lorsque les anciens locataires lui disent : « Ne venez pas, vous allez vivre un enfer », elle est pressée de ne plus faire le trajet boulot-maison entre Lille et Arras tous les jours et emménage avec ses trois enfants. Dès son premier été rue Braque, le tapage et les insultes commencent. Les problèmes viennent de la famille vivant en dessous de son appartement, une famille de sourds et muets dont seule une fille de 17 ans parle et entend grâce à un appareillage. « Le plus gros du tapage vient d’elle. Elle tape même dans les murs. » En mai 2015, une grosse altercation a même failli mal tourner :« Je me suis plaint du tapage et le père est sorti en furie, prêt à en découdre physiquement. » Séverine appelle alors la police, qui lui conseille de s’enfermer chez elle.

Plusieurs plaintes déposées

Le tapage jour et nuit et les insultes continuent. En mai 2016, une première plainte est déposée. « Au commissariat, on m’a dit que ce serait difficile de les convoquer et auditionner car il faudrait un interprète. Ils m’ont dit qu’ils avaient l’habitude, que c’était déjà comme ça avec les anciens voisins. » Les événements ont pris une telle tournure que « mon fils de 8 ans n’osait plus sortir. » Deuxième plainte et courrier en recommandé à Pas-de-Calais Habitat, rien ne change. Séverine se demande s’il faut « qu’il y ait un blessé pour que quelqu’un fasse quelque chose ? » Aujourd’hui, l’adolescente continue « de fumer des joints sur le bord de la fenêtre et de m’insulter tous les jours. C’est pas vivable ». La police est déjà intervenue plusieurs fois, mais rien n’a changé pour elle. En allant au point accueil de son bailleur, place Courbet, on lui propose de « faire signer une pétition à tout l’immeuble. Mais si je fais ça, on en a encore pour des mois. Et je crains les représailles. » Parce qu’elle n’est pas seule à vivre dans ces conditions : « La dame qui vit en dessous d’eux prend des somnifères pour être assommée toute la nuit. » Si elle ne reçoit aucune réponse de Pas-de-Calais Habitat à son problème rapidement, Séverine sent qu’elle « va craquer ». Elle prévient déjà les futurs locataires : « Ne venez pas, ne faîtes pas comme moi. »

Ces derniers jours, à cause de la fatigue et des derniers événements, elle a fait deux malaises vagaux. « Si je reste là, je vais devenir dingue. » Une seule solution lui semble envisageable si personne ne lui vient en aide : « Changer de bailleur ou partir dans le privé, mais à quel prix ? Avec un seul salaire et trois enfants à charge, ça va être compliqué. » Elle ne souhaite qu’une chose : « Tout ce que je veux maintenant, c’est la paix. »

*Nous avons tenté de joindre les voisins mis en cause mais sans succès.

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