Arras : avec le Gestival, les entendants « entrent dans le monde des sourds »

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Depuis vendredi et jusqu’à dimanche soir se tient le Gestival, un festival culturel bilingue permettant le dialogue via la langue des signes française. Cinéma, spectacles, ateliers, conférences, visites du musée des Beaux-Arts : allez-y !

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Pour la séance photo à l’hôtel de Guînes comme pour tous les échanges avec les petits et les grands visiteurs intéressés par le festival culturel des sourds, l’usage des mains complète et/ou remplace celui de la parole.

Des discussions aussi silencieuses qu’animées, gestes à l’appui : pendant trois jours, la cour et les salles de l’hôtel de Guînes sont comme une ruche où échangent sourds et entendants, avec l’aide d’interprètes de la langue des signes française. Pour la première édition de cette ampleur du Gestival, le succès est au rendez-vous, ce qui ravit les organisateurs de l’association Trèfle.

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Environ cinq cents personnes de la région, de toute la France et de Belgique ont rallié Arras pendant trois jours, qu’ils soient spectateurs ou artistes. Parmi eux, David de Keyser, directeur du festival européen de la culture et de l’art des sourds de Reims. « On rêve de reproduire le modèle rémois, explique Valérie Sellier, coorganisatrice du festival arrageois, geste à l’appui de son propos. La ville d’Arras compte une population sourde importante avec l’école des jeunes sourds. Ceux qui y ont fait leur scolarité y sont très attachés et reviennent volontiers y vivre. On aime la ville et on veut la faire découvrir au-delà de la région. »

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L’autre ambition est d’ancrer le festival culturel bilingue dans la ville et faire que les entendants « entrent dans le monde des sourds ». Vendredi soir, le spectacle Parle plus fort, exposant des situations de la vie quotidienne de sourds, a suscité la même émotion dans les deux publics, sourds et entendants. La deaf party (une rave party particulièrement bruyante) a affiché complet avec cent cinquante participants deux soirs de suite dans la cour de l’hôtel de Guînes. Une centaine d’enfants étaient présents à l’université d’Artois pour le spectacle visuel Deux secondes, qui a aussi arrêté les curieux place du Théâtre et permis aux uns et aux autres d’engager le dialogue. Fort de cette réussite, David Lobry, président de Trèfle, et tous les bénévoles espèrent renouveler le festival sous forme de biennale. Rendez-vous sera ainsi fixé ce soir pour se retrouver en 2018.

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