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Formation pour les uns et interprètes pour les autres

Notre sujet sur l’intégration de sourds et malentendants au lycée Saint-Jacques-de-Compostelle à Poitiers (*), a fait réagir des parents et enseignants.

Bastien: « L’enseignement privé découvre le handicap. Je me souviens avoir eu des élèves malentendants ou non-voyants il y a plus de dix ans dans mes classes. Ayant commencé par enseigner l’anglais, le fait d’avoir des élèves malentendants dans la classe est un élément complexe à gérer, aussi bien pour l’enseignant que pour l’élève. Les stratégies pour palier le handicap ne s’improvisent pas et si l’on veut accueillir un élève dans de bonnes conditions, il faut pouvoir anticiper ses difficultés. Or, jamais je n’ai reçu la moindre formation pour cela. Ni moi, ni les AVS que j’ai rencontrés, qui se sont tous formés sur le tas. Et à qui l’on dit bye-bye au bout de cinq ans, une fois qu’ils ont acquis les compétences nécessaires. Accueillir tous les élèves est parfaitement louable, prendre en compte leur différence (qu’ils soient précoces, dys, non-voyants, sourds, etc.) est primordial et nécessite des moyens que l’on refuse de nous donner. »
Chantal: « Ma fille a obtenu son CAP et son bac pro, mais c’est après que cela se complique, pour trouver du travail, et il faut savoir qu’ensuite, les instituts nous laissent tomber. Tout dépend aussi des conventions signées avec les institutions de jeunes sourds. Ma fille fait maintenant esthétique et n’a pas eu d’interprètes pour son année. J’attends avec impatience le mois de juillet pour savoir si elle a son CAP. »
Ophélie: « Je suis moi-même sourde, j’étais au lycée Saint-Jacques de Compostelle l’an dernier pour obtenir mon bac pro commerce, c’était dur mais je l’ai eu, grâce aux interprètes. Cette année, je suis suivie sans interprète, c’était dur de suivre les cours, mais je suis dans une école et dans d’une classe incroyablement géniales qui ont pu m’aider! Au jour d’aujourd’hui, je suis fière de mon parcours pour en arriver là, et réaliser mon rêve d’un métier dans l’esthétique. »

Aller au bout
de ses rêves”

Marine: « A tous les sourds, voyez comme moi, on peut toujours y arriver avec un handicap, faut aller jusqu’au bout, pour le métier qui nous plaît! Je les encourage tous à continuer leurs études! »

(*) Voir notre édition de vendredi 10 juin, sur l’accueil de deux jeunes filles sourdes, dans la formation professionnelle d’aide-soignant.

 

Source
http://www.centre-presse.fr © 16 Juin 2016 à Poitiers
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