La main des sourds

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Le boxeur de St-Clet a grandi avec des parents sourds-muets

2016-5-3-2

Depuis qu’il est haut comme trois pommes, le boxeur Francis Lafrenière a dû composer avec l’adversité. Une histoire qui dépasse les cadres sportifs.

Ses parents Jean-Pierre Lafrenière et Diane Veilleux sont sourds-muets. M. Lafrenière est né avec cette condition alors que son épouse a été victime des effets dévastateurs d’une méningite à l’âge de trois ans.

Leur fils est devenu leur interprète à compter du moment où il a été en mesure d’apprendre le langage des signes.

Ainsi, le boxeur de St-Clet les a aidés dans plusieurs facettes de leur quotidien. Un acte de dévouement qui est un naturel pour l’athlète.

«Ça m’a permis de gagner rapidement en maturité, a expliqué Francis Lafrenière lors d’une entrevue avec Le Journal de Montréal. D’aider mes parents, ça fait partie de moi.»

En raison de la situation de ses parents, il n’a pas vécu une enfance comme les autres même s’il n’a manqué de rien.

«Quand je pleurais dans ma chambre, ils devaient se fier à un système de lumières pour venir me voir, a raconté Lafrenière. De plus, à l’âge de 4 ou 5 ans, c’est moi qui devais négocier les assurances tout en exprimant ce qu’ils désiraient.

«Des fois, je ne pouvais pas aller jouer avec mes amis, car je devais leur servir d’interprète pour des trucs du quotidien comme une visite chez le dentiste.»

Des regrets

Quand Lafrenière monte sur le ring, ses parents n’entendent pas les encouragements de la foule ou l’annonce du résultat du combat. Ils analysent cependant les moindres faits et gestes de leur fils.

«Ils aimeraient tellement savoir ce que les gens disent à mon sujet, a souligné la fierté de St-Clet. Par exemple, ils souhaiteraient comprendre l’intonation des descripteurs à la télévision ou les réactions des amateurs durant le duel.

«Dans le feu de l’action, je n’entends que trois voix: celles de mes deux entraîneurs et celle de mon père.»

Comme on le sait, le mot travail fait partie du vocabulaire du protégé des frères Grant. Une valeur qu’il a apprise très tôt dans sa vie grâce à ses parents.

«C’est pour cette raison que je suis un boxeur acharné et que je trime dur au gym, a mentionné Lafrenière. J’ai pris conscience rapidement que tout ne tenait qu’à un fil.

«Ça me permet de savourer pleinement ce qui m’arrive à l’heure actuelle tout en gardant les deux pieds sur terre.»

De retour le 17 juin

Lafrenière devrait remonter sur le ring, le 17 juin, dans un gala de Rixa Promotions qui sera présenté à la Tohu.

Pour cette occasion, il ne sait pas encore s’il se défendra son titre IBF international ou s’il se mettra à la poursuite d’une ceinture mineure du même organisme.

«On est en négociations avec quatre adversaires qui sont dans le top 15, mais les réponses ne sont pas rapides, a-t-il indiqué. On devra prendre une décision sous peu afin d’amorcer ma préparation.»

Lafrenière a servi de partenaire d’entraînement à Lucian Bute avant son combat contre Andrea Di Luisa.

Source : http://www.journaldemontreal.com © 30 Avril 2016

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