La main des sourds

A la une > L’interview d’Isabelle Carré

2016-4-26-3

Il faut apprendre des choses aussi. J’ai vu une scène que je trouvais très touchante. C’est sur le tournage où après ” Marie Heurtin “, il y a toute une interview avec cette actrice Noémie…

Churlet.

Churlet.  En langage des signes. 

Oui.

C’est quelque chose qui vous plait ? Peut-être que vous ne le connaissiez pas avant, je n’en sais rien, d’apprendre par exemple le langage des signes.

C’est génial. C’est un privilège extraordinaire parce qu’évidemment, je pourrais moi décider d’apprendre la langue des signes comme ça pour moi dans la vie, mais je n’aurais pas cette espèce d’extraordinaire sésame et tous ces gens qui ont envie non seulement de transmettre ce qu’est vraiment la langue des signes, mais ce que c’est aussi que l’histoire des sourds, à quoi ça correspond au niveau historique. Ce par quoi ils sont passés, ce qu’ils ont subi.  La langue des signes a été interdite jusqu’à très récemment.  Toute cette histoire-là, c’est une culture.  D’ailleurs maintenant, je suis la marraine d’un journal dirigé par Noémie Churlet qui s’appelle Art’Pi, qui parle précisément de ça, de la culture sourde, et de l’art sourd, comprendre pourquoi des parents aujourd’hui se posent cette question. Est-ce qu’on fait l’appareillage ou pas ? Mais finalement, est-ce que c’est un handicap ? Est-ce que ce n’est pas une identité ? Et en parler avec des gens très différents, que chacun me raconte son histoire. Là, on se rejoint un peu avec vous autres les journalistes parce qu’avec votre micro vous avez tout à fait la même opportunité, le même privilège qu’on peut avoir nous avec le cinéma, c’est-à-dire que les gens disent tout à coup : ” Tiens, ça va être une façon de transmettre peut-être mon expérience, de la restituer, de la partager avec d’autres gens “.  Donc nous, on reçoit ça, c’est vrai que c’est un grand privilège, alors c’est apprendre la langue des signes, oui, mais c’est aussi travailler avec des sourds…

Echanger.

Echanger, avoir un projet avec eux, les voir travailler, se retrouver dans une immense salle à table avec plein de petites filles sourdes qui signent dans tous les sens et finalement se retrouver dans leur situation à eux, c’est-à-dire être nous autres entendant en minorité et eux en majorité et voir que ça fonctionne très bien, voir que la communication est tout à fait simple et fluide. Ça m’a beaucoup apporté pour ” Le Cœur régulier “. J’arrivais au Japon en me disant je ne parle pas le japonais, les Japonais ne parlent pas anglais, je suis en face de partenaires qui… voilà il faut quand même que j’arrive à communiquer… Finalement c’est très simple, c’est évident que dans les silences, dans le désir de se comprendre les uns et les autres, ça se fait très simplement, et il n’y a pas besoin d’avoir fait des années d’études, savoir comment se passe la société japonaise, ni même de connaître leur langue pour s’apprécier et se rencontrer vraiment.

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1 commentaire
  1. TROYANO dit

    Jolie et intelligente blonde (Il y a tellement de blagues bêtes sur les blondes) Isabelle Carre est belle comme son prénom. Son films avec la jeune sourde Rivoyre une belle histoire d’émancipation d’une fille fille enfermer dans un carcan de solitude et où la religieuse interprétée par Isabelle Carre sépare les dents du piège merci a la langue des signes et elle Marie Heurtin s’envole vers la liberté de savoir comprendre et communiquer avec le monde extérieur. Isabelle Carré mérite admiration pas seulement sa douce beauté mais pour son coeur en or.

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