A la une

A la une > Au Love Money Café on s’entend très bien

Depuis quinze ans, le bar de la rue Carnot est devenu un lieu de rencontres entre sourds et entendants.

2016-4-19-3
La randonnée pédestre entre sourds et entendants démarre tous les mercredis du LM Café.

Le mercredi matin, c’est randonnée au Love Money Café. Une vingtaine de marcheurs démarrent du bar pour une balade de deux heures dans Poitiers et ses alentours. Dans la troupe, menée par un sourd, Guy Robin, il y a des entendants qui débutent en langue des signes, des sourds qui corrigent leurs gestes, et des pensionnaires de l’institut de Larnay qui profitent de la balade pour nouer du lien social.

Cette balade du mercredi est l’un des nombreux rendez-vous qui se sont peu à peu institués entre sourds et entendants au Love Money Café, depuis une quinzaine d’années.« Ça a commencé avec les rencontres qu’on organisait le vendredi, explique le tenancier, James Lay. J’avais pas mal de copains sourds, rencontrés grâce au sport. On faisait venir un intervenant sur un sujet donné, dont les réponses étaient traduites en langue des signes; notaire, avocat, chef d’entreprise, sportif, etc. »

“Créer du lien social, amical et sportif”

De fil et aiguille, les uns et les autres ont voulu s’affranchir de l’interprète. « Alors on a mis en place des séances d’initiation à la langue des signes, avec mon copain Alain Champigny, puis aujourd’hui avec Frédéric Boulin. » Aujourd’hui, le rythme est soutenu: deux lundis par mois pour l’initiation, un mardi pour le perfectionnement et un vendredi pour le « Bistrot des signes ».
« Il n’y a pas de structure associative, tout est bénévole et gratuit,assure James Lay. Tu viens, tu t’assois dans le cercle et tu apprends à communiquer. » Les participants tirent tour à tour un papier d’un chapeau, sur lequel sont écrits un mot ou une phrase, qu’il faut ensuite apprendre à signer. « Ça ressemble à du théâtre, il faut exagérer la gestuelle, explique Bernard, un retraité de Biard, qui participe à ces ateliers et à la marche du mercredi. Professionnellement, j’ai été en contact avec des apprentis sourds. J’ai eu envie d’apprendre à communiquer. »
Même envie de partager pour Claire, qui vient à la fois pour marcher et signer, et qui essaie ensuite d’utiliser ses connaissances: « Quand je fais des courses à Chasseneuil, je passe systématiquement à la caisse tenue par un malentendant. Je lui dis bonjour et merci en langue des signes. Son sourire est la meilleure des récompenses. »
Derrière son comptoir, James Lay jubile quand les uns et les autres discutent à grand renfort de gestes et de mimiques. « C’est ça le but: créer du lien social, amical, et sportif. » Un appétit qu’il tient de son amitié avec Guy Chapot, un sportif sourd aujourd’hui disparu: « On pratiquait l’athlétisme dans le même club, l’ASPTT Poitiers. On était amis, mais j’étais frustré de ne pas pouvoir partager plus avec lui. » Il s’est rattrapé depuis, et mène encore la course, le dimanche matin, le long de la Boivre, d’un peloton composé là encore de sourds et d’entendants.

Contact: LM Café, 82, rue Carnot, tél. 05.49.38.07.53 (www.lmcafe.fr)
> A suivre: Centre Presse publie chaque mardi un article dans cette rubrique « à la rencontre des sourds ».

[box type=”note” align=”” class=”” width=””]Source : http://www.centre-presse.fr © 12 Avril 2016 à Poitiers[/box]

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
ajax-loader
Fermer

Adblock détecté

Cher lecteur, Vous voyez cette page car votre bloqueur de publicité est activé. Veuillez le désactivez puis cliquer sur "Accéder à Sourds.net" Pour vous remercier.