A la une > Le musée du jouet s’est adapté pour accueillir le public sourd et malentendant

Un groupe d’enfants a testé les dispositifs en direct

2016-4-15-1

Quel meilleur public pour tester un dispositif à destination des enfants que des enfants, surtout lorsque ce test grandeur nature se déroule au milieu des jouets ! Ainsi il y a quelques jours, une douzaine d’enfants sourds et malentendants âgés de 4 à 14 ans, ainsi que des adultes et plusieurs accompagnants de l’ADEPA Bourgogne/Franche-Comté (centre de ressources sur la perte d’audition et la surdité à tout âge de la vie), ont passé la journée au musée de Moirans-en-Montagne pour tester des équipements et des services spécifiques. Il s’agit de boucles à induction magnétique, qui permettent aux personnes appareillées de recevoir des explications sans être gêné par les bruits ambiants. Par ailleurs, un système d’amplification de sons pour les visites de groupes a été mis en place ainsi que le sous-titrage des videos. En complément, l’équipe a reçu une formation de sensibilisation.

Durant cette journée, la matinée s’est organisée autour d’un accueil, d’une visite libre, d’une connaissance des lieux, et de jeux dans la zone dédiée.L’après-midi, la visite contée habituellement par Jean-Michel “Le colporteur” s’est déroulée en présence d’une interprète en langue des signes et d’une autre personne formée pour le codage en LPC (Langage Parlé Complété). Pour terminer, les enfants se sont retrouvés pour un atelier de fabrication de jeux en bois. Cette nouvelle démarche complète l’obtention du label “Tourisme et handicap” pour les handicaps moteur et mental obtenu en 2013 par le musée du jouet.

Les oreilles ne se reposent jamais !

En amont tout un travail a été mené en collaboration avec l’ADEPA Bourgogne/Franche-Comté. Créée il y a une quarantaine d’années, l’association compte 120 adhérents. « Nous accueillons principalement des enfants et leurs parents, mais nous nous tournons aussi de plus en plus vers les adultes en essayant de toucher toutes les personnes quelque soit leur niveau de surdité et leur appareillage. Il y a beaucoup de besoins en ce qui concerne l’accessibilité, parce que la surdité est un handicap particulier, dans la mesure où il ne se voit pas », explique la présidente Christine Singh (dont la fille est sourde profonde) en précisant que l’association travaille aussi beaucoup « pour la prévention contre le bruit ; que ce soit sur le lieu de travail, chez soi, pendant les loisirs…. On ne s’en rend pas compte, mais les oreilles ne se reposent jamais ; même pendant que nous dormons elles sont toujours en alerte. Nous sommes également présents pour aider les familles à gérer et à s’organiser au quotidien face la surdité ou à la défaillante auditive », ajoute-t-elle en expliquant que l’on estime à près de 7 millions le nombre de personnes concernées en France par la perte de l’audition et les troubles associés. Tout en soulignant aussi le manque de moyens pour la prise en charge de certains appareils auditifs et les difficultés rencontrées par les jeunes lorsqu’ils veulent poursuivre leurs études par manque d’interprètes, « alors que depuis 2005, la langue des signes a été reconnue langue de la République », ajoutait la présidente ravie de cette journée passée à Moirans-en-Montagne.

« J’ai perdu l’audition en une nuit »
La surdité peut-être de naissance ou intervenir plus tard dans la vie. Après une maladie comme une méningite, ce qui est le cas d’un enfant qui fait partie de l’association, ou à l’âge adulte et sans aucun signe avant-coureur, comme en témoigne Martine Vaillant, vice-présidente de l’ADEPA.« Il y a 16 ans, je me suis réveillée sourde. Dans un premier temps, je me suis dit : tiens je n’ai pas entendu mon réveil. Et puis j’ai eu beau augmenter le son de la radio je n’entendais rien ; pas plus que la tonalité du téléphone. J’ai mis une bonne demi-heure à comprendre ce qui m’arrivait », se souvient cette femme qui était musicologue et dont la vie a basculé. La cause de cette surdité ? Une maladie hémato-congénitale qui saute plusieurs générations. Martine Vaillant, qui avait alors 40 ans, n’a pas baissé les bras. Avec volonté elle a changé d’activité professionnelle, elle a été équipée de deux implants. Il s’agit d’appareils introduits dans l’oreille par une intervention chirurgicale qui permettent d’améliorer la capacité auditive. Ils permettent de faciliter la lecture labiale et permettent de mieux différencier certains sons. Très active à l’ADEPA elle prouve « que l’on peut être ou devenir sourd, mais être un citoyen(ne) comme un(e) autre à condition de ne pas resté isolé(e) ».

Source : http://www.voixdujura.fr © 14 Avril 2016 à Moirans-en-Montagne
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