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Hauts de Seine Habitat

Le langue des signes est un atout en Normandie

A la demande du Comité de liaison interconsulaire Normandie, l’Agence commerce-hôtellerie-restauration du Greta (formation continue) a formé sept personnes à la langue des signes. Entretien avec deux d’entre eux,Virginie Djennadi et Jean Constantinidis, propriétaires de chambres d’hôtes labellisées Tourisme et handicap, dans l’Orne et dans la Manche.

Virginie dit bonjour. Jean demande : « Comment ça va ? »

En quoi consiste le label Tourisme et handicap pour un Gîte de France ?

Virginie Djennadi. Lorsqu’on ouvre des gîtes ou des chambres d’hôtes, on peut demander un label concernant quatre handicaps : visuel, auditif, mental et moteur, en fonction de ses motivations et des possibilités d’aménagement.L’agrément peut être obtenu pour un ou plusieurs types de handicap. Il doit être renouvelé tous les cinq ans.

Quelle a été votre motivation pour accueillir des personnes sourdes ?

V. D. Nous voulions ouvrir au plus grand nombre, sans discrimination.Il se trouve que j’ai des voisins sourds. Ils m’ont permis de prendre conscience de leurs besoins spécifiques.

Jean Constantinidis. Mon histoire personnelle m’a confronté à des personnes en situation de handicap.Il était naturel, pour moi, d’accueillir tous les publics.Nous avons donc réalisé les travaux nécessaires pour obtenir le label pour les quatre handicaps.

L’apprentissage de la langue des signes n’est pas obligatoire. Pourquoi avez-vous suivi cette formation ?

V. D. J’aime communiquer, c’est une langue à part entière. Personne ne s’étonne lorsqu’on apprend l’anglais ou l’allemand !

J. C. J’ai appris la LSF en 1983 et j’ai été sous-titreur télétexte pendant 28 ans. Puis, j’ai arrêté de pratiquer.Il y a trois ans, nous avons reçu une famille dont le fils était sourd. Ils étaient ravis de trouver quelqu’un qui puisse échanger dans cette langue. Mais, je me suis rendu compte que j’avais beaucoup perdu en précision.Je suis venu à cette formation pour une remise à jour.

Qu’avez-vous acquis pendant cette formation ?

V. D. Après 70 heures de formation, je suis capable de me présenter, de donner des informations sur des sites à visiter dans la région et de comprendre les demandes de mes hôtes. On apprend aussi à se connaître soi-même à travers l’expression corporelle qui fait partie intégrante de la langue des signes.

J. C. J’ai retrouvé des automatismes. Le savoir-être face à des personnes différentes est également une acquisition importante. Même si chaque pays a sa langue des signes spécifiques, on peut communiquer avec les sourds étrangers grâce à une base commune visuelle et iconique, c’est vraiment intéressant dans notre activité.

Source : http://www.entreprises.ouest-france.fr © 16 Mars 2016
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