La main des sourds

A la une > Petite leçon de langue des signes pour les enfants

Samedi, à la médiathèque, l’association Süricates proposait aux 6-10 ans une initiation à la langue des signes.

Comment dit-on “éléphant” en langue de signes? Par un geste qui semble dessiner une trompe dans l’air. Et comment dit-on “rouge”? En mettant ses doigts sur la bouche, comme pour évoquer un rouge à lèvres. Tout ça, et bien davantage encore, six enfants âgés de 6 à 10 ans, l’ont appris samedi après-midi à la médiathèque François-Mitterrand au cours d’une grosse heure d’initiation à la langue des signes prodiguée par Quentin Bourdin et Pauline Jasmain, respectivement vice-président et membre de Süricates, une toute nouvelle association créée officiellement le 20 février à Poitiers et qui vise notamment à « promouvoir la mixité sourds-entendants. »
Pour la médiathèque, l’animation s’inscrit dans une démarche qui a déjà récemment abouti à une initiation au braille, également destinée aux enfants. Ce samedi, tous les jeunes participants découvrent complètement la langue des signes, à l’exception de Félix, 9 ans. « Il a été éclaireur et c’est là qu’il a rencontré deux petites filles sourdes, qui lui ont appris quelques rudiments de langue des signes », explique sa maman.

Apprendre à signer
son prénom

Puis l’initiation débute, Pauline Jasmain traduisant aux enfants les propos tenus en langue des signes par Quentin Bourdin. « Comment on fait pour signer son prénom? » Logiquement, seul Félix connaît la manière de faire son « nom signé ». Mais les autres vont vite apprendre. « Il faut réfléchir pour le trouver, on le garde à vie, prévient Quentin. Comment on le choisit? En se basant sur des traits de notre physique, de notre intellect, ou un tic, ou une habitude… » Pauline Jasmain poursuit: « Les enfants sourds sont évidemment plus visuels que nous. En fait, ils sont comme nous sauf qu’ils n’entendent pas. Mais on peut mimer, montrer du doigt, ils comprennent. » Puis elle s’empare d’un petit livre pour enfants dont elle égrène les pages, montrant des dessins d’animaux. Elle ne dit pas un mot, mais Quentin raconte l’histoire en langues des signes. « Avez-vous fait des liens entre ses gestes et les dessins? », demande Pauline aux enfants lorsque Quentin a terminé. Peu d’entre-eux ont essayé mais quelques minutes plus tard, dessins et gestes à l’appui, ils sauront déjà signer plusieurs mots: éléphant, rouge, ou encore jaune, vert, perroquet ou caméléon. La langue des signes, finalement, c’est (presque) aussi simple qu’un jeu d’enfants…
> A suivre: Centre Presse publie chaque mardi un article dans cette rubrique « A la rencontre des sourds ».

Source : http://www.centre-presse.fr © 8 Mars 2016

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.