A la une > La langue des signes pour mieux communiquer en maternelle

Le signe préféré de Kouta, c’est regarder. La fillette de 5 ans mime le mot en pointant index et majeur en direction de ses yeux. Elle a appris à sa mère à dire « maman », en makaton.

Ecole maternelle Alain, mardi 16 février. Une classe de grande section chante en makaton, langue des signes simplifiée. Le geste favorise la communication pour les timides, apaise les plus nerveux et développe le langage.

Une caresse sur la joue. Depuis la rentrée, Kouta et ses camarades de la grande section maternelle de l’école Alain, à Meaux, s’initient au makaton. Ce programme d’aide à la communication, basé sur les signes et les pictogrammes, améliore la compréhension, favorise l’oralisation et structure le langage. C’est Nicole Woets, psychologue (lire l’encadré), qui a proposé cette initiation à cette école implantée en zone sensible, dans le quartier de Beauval.

Un mardi sur deux, les enfants apprennent le makaton pendant deux heures. Ils adorent. Sofia montre tous les signes qu’elle connaît : le chat, le calme, manger… « Le makaton leur permet de mieux communiquer avec moi, constate Agnès Guillaume, l’enseignante de la classe. J’ai un élève mutique qui est entré en communication avec les autres grâce à cette technique. Les timides sont moins introvertis et les plus agités s’apaisent. J’attire l’attention de ceux qui ne parviennent pas à se concentrer par le geste. Ça ne sert à rien d’élever la voix. »

Les écoliers qui avaient du mal à retenir l’alphabet y sont parvenus grâce au makaton, en mimant les lettres avec leur main. Le programme s’est lové dans la classe, en douceur. Quand un enfant crie, d’autres lui font le signe de se calmer. Les bambins fabriquent aussi les pictogrammes en pâtes à modeler, qui permettent de construire les mots, puis les phrases, en les écrivant ensuite au tableau. Ils rythment les journées, en déclinant le bonjour, les toilettes, les récréations, le regroupement. On retrouve les dessins sur les portes de chaque classe de l’école, avec les noms des enseignantes et des Atsem, ces « dames qui aident la maîtresse ». Et le makaton a gommé certains troubles du langage. Les enfants l’utilisent entre eux. Et Kouta l’assure : « Avec le makaton, la classe fait le calme ! »

« On envisage de pérenniser le projet à l’ensemble de l’école », confie Nicole Woets, psychologue à l’origine du projet

Meau, le 16 février. Nicole Woets est à l’origine de l’introduction du makaton en maternelle. Elle utilise les signes et les pictogrammes comme ici, ceux de parler et écouter. 

Nicole Woets est psychologue clinicienne à Meaux. Elle a proposé, de façon bénévole, d’initier ces écoliers de grande section au makaton. « Cette école compte des élèves non francophones, présentant des difficultés de langage, explique-t-elle. Le makaton est basé sur le geste et les pictogrammes. Le geste est un précurseur du langage, il favorise l’émergence du vocabulaire. Nous sommes partis de ce postulat, analysé et suivi par une étudiante en 4e année de psychologie à Paris V. Elle présentera son mémoire de recherche sur notre expérience. » Nicole Woets a été ravie de l’engouement des familles. « A la réunion d’information en début d’année, il ne manquait que cinq parents. Les mamans demandent à apprendre des gestes, les enfants font le lien à la maison. A l’école, nous envisageons de pérenniser le makaton sur l’ensemble des classes. »

Source : http://www.leparisien.fr © 6 Mars 2016 à Meaux
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