La main des sourds

A la une > Une collecte de fonds pour aider les Lacroix-Bergeron

Sur le divan, Yann-Guénolé Lacroix entouré de ses trois fils : Gwelann, Emervyn et Mervann, et la copine de ce dernier, Florence Olejczyk. À l’arrière, Pawel Olejczyk et l’instigatrice de la collecte de fonds, Virginie Michaud

Atteints de surdité et dévoués à la défense des intérêts des sourds, Yann-Guénolé Lacroix et Manon Bergeron ont élevé leurs trois enfants dans un foyer chaleureux, malgré un contexte financier difficile. Depuis le décès de Manon, emportée par un cancer quelques jours avant Noël, la situation s’est détériorée, ce qui a incité des amis de la famille à lancer une collecte de fonds pour lui venir en aide.

Puisque «l’engagement social n’est pas récompensé de salaires généreux», comme l’indique l’instigatrice de la campagne de financement, Virginie Michaud, l’initiative a pour but d’éviter que le parcours scolaire des enfants soit troublé et que la santé du père de famille se dégrade pour des raisons monétaires.

«Yann fait preuve de tellement de résilience. C’est une famille brave et inspirante, donc nous avons voulu trouver un moyen de les aider et d’offrir un coussin de sécurité aux trois garçons», dit Mme Michaud.

Cette dernière a connu la famille à travers sa fille, Florence, qui est en couple avec l’aîné des trois enfants des Lacroix-Bergeron, Mervann.

Le cancer frappe

Le diagnostic du cancer de Manon Bergeron est tombé en décembre 2013. La femme gardait tout de même une attitude positive et avait bon espoir de vaincre la maladie. Toutefois, après une chirurgie en 2014, son état a commencé à se détériorer, explique M. Lacroix, en langage des signes, traduit par une interprète à l’auteur de ces lignes.

La mère de famille a rendu l’âme le 17 décembre, à l’âge de 51 ans.

M. Lacroix avait alors décidé de ne rien faire pour le temps des Fêtes. Toutefois, pour Virginie Michaud, il n’était pas question que la famille passe Noël seule, sans rien pour organiser un réveillon.

«On a fait une épicerie pour que le frigo soit plein et avec quelques amis, nous avons préparé des plats avec des portions en extra pour qu’ils puissent tenir un vrai réveillon», raconte-t-elle.

Yann Guénolé-Lacroix et les trois enfants sont très reconnaissants envers la famille de Mme Michaud pour cette délicate attention et pour l’organisation de la collecte de fonds.

«Merci à votre famille. Ça me touche énormément. J’avais déjà une petite idée en tête, mais vous avez pris les devants», dit le père en s’adressant à Virginie Michaud.

Plus de 6 500 $

Mme Michaud a créé une page sur le site Web gofundme.com, le 3 janvier, avec l’accord de Yann Lacroix.

Les premiers dons n’ont pas tardé, si bien qu’en un mois, plus de 6 500 $ ont été amassés, sur un objectif initial de 10 000 $.

«Pour l’instant, ce sont surtout les proches qui donnent. On espère que ça va faire boule de neige. Chaque don réchauffe le cœur. Ça me réconcilie avec l’humanité de voir que les gens sont solidaires et empathiques envers la cause», dit Mme Michaud.

Elle ajoute que ce montant sera bientôt déposé dans une fiducie légale par souci de transparence et pour faciliter la gérance des fonds.

Syndrome d’Usher

Ce qui complique d’autant plus la vie de la famille Bergeron-Lacroix, c’est que Yann est aussi atteint du syndrome d’Usher, ce qui entraîne également une perte progressive de la vision. Impossible pour lui de conduire un véhicule, ce que sa conjointe était en mesure de faire.

Il devient donc très compliqué pour la famille d’effectuer les tâches quotidiennes comme faire les courses ou alors aller reconduire un des enfants à sa pratique de hockey.

Besoins de base

Mme Michaud souligne qu’il est possible d’aider autrement qu’en faisant un don. Par exemple, un entrepreneur général pourrait donner à sa façon en assumant les coûts pour rénover certaines pièces de la maison «qui ont besoin d’amour».

L’argent amassé servira à combler les besoins de base, soit des vêtements pour les garçons.

Il serait aussi possible de leur permettre de prendre part à une activité familiale «afin qu’ils vivent des moments privilégiés entre eux pour consolider la nouvelle dynamique de leur noyau familial, et que s’amorce la cicatrisation», comme l’écrit Mme Michaud dans le texte explicatif de la collecte de fonds.

S’il devait rester de l’argent, il sera versé dans un fonds dédié aux études des trois enfants.

Pour consulter la page de la collecte de fonds, rendez-vous au www.gofundme.com/fambergeronlacroix.

Source : http://www.larevue.qc.ca © 9 Février 2016

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