La main des sourds

Le Gestival, en mai, trois jours pour créer «un pont entre entendants ou non»

Un festival bilingue (langue des signes française/français) très gestuel et visuel : c’est ce qui attend les participants dans toute la ville, durant trois jours, les 13, 14 et 15 mai. Sourds et entendants pourront échanger à l’aide d’interprètes, et ainsi faire tomber des barrières sociales et culturelles.

1. La manifestation

Spectacles professionnels, films, ateliers, conférences, temps festifs en ville, village de la culture sourde : durant trois jours, les 13, 14 et 15 mai, les Arrageois vont pouvoir découvrir un nouveau festival (qui existait déjà à plus petite échelle), le Gestival. Un festival réunissant sourds et entendants, jeunes et adultes, venus de l’Institut des jeunes sourds d’Arras, de toute la France et même de Belgique.
Il y aura du théâtre bilingue, avec notamment des spectacles de l’International Visual Theatre (ITV) dirigé par la comédienne sourde Emmanuelle Laborit ; des visites guidées en langue des signes française, en ville, au musée des Beaux-Arts ; des spectacles de rue ; ou encore des séances de cinéma et un concours de courts-métrages au Cinémovida.

Le Gestival débutera le vendredi par une journée destinée aux jeunes de l’école des sourds d’Arras et une soirée non pas rave party mais deaf party (deaf pour « sourd » en anglais) : une fête musicale où l’on nous promet une sono très, très forte… et une grosse ambiance.

2. L’ambition

« On veut créer une sorte de pont, de lien entre deux mondes », explique Valérie Sellier en langue des signes française.

Secrétaire du conseil d’administration de l’association Trèfle, elle participe à l’organisation du Gestival à la tête d’une équipe d’une soixantaine de bénévoles.
La présence d’interprètes permettra de favoriser les échanges avec le public entendant. Les pièces de théâtre prendront des formes variées avec selon les cas des voix off, des interprètes signant ou bien des binômes de comédiens sourds et entendants. Une expression culturelle que Grégoire Thion, de l’association Droit de cité, veut décloisonner : « Avant, la communauté sourde vivait de côté. De plus en plus, elle vit avec les entendants. »

3. Les perspectives

Il existe des festivals bilingues importants à Reims et à Toulouse. À Arras, « ville riche visuellement », dixit Valérie Sellier, l’ambition est de créer un nouveau point de ralliement majeur, tous les deux ans, pour l’Europe du nord. Plusieurs partenaires appuient ce nouveau Gestival : le Département, l’État (via la direction départementale de la cohésion sociale), la ville d’Arras, l’université d’Artois, le Cinémovida et les associations Droit de cité et Territoire de danse. « On espère disposer du Théâtre, du Casino, peut-être du Pharos pour occuper la ville, annonce David Lobry, le président de l’association Trèfle. On aimerait accueillir cinq cents personnes, ce serait un bon début. »

L’association Trèfle recherche des bénévoles L’association Trèfle a été créée il y a quinze ans pour promouvoir la langue des signes française et la culture sourde. « Il y avait déjà un petit festival sur deux jours, mais on voulait quelque chose de plus important, ouvert à tous, entendants ou non », explique Valérie Sellier. Un collectif d’une soixantaine de bénévoles, sourds et entendants, plus des interprètres, travaillent à l’organisation du festival. Les personnes intéressées pour rejoindre le collectif sont les bienvenues. Contact : association Trèfle, 6, rue de la République, à Arras. Tél. 03 21 48 86 20; courriel : gestival@trefle.org
Source http://www.lavoixdunord.fr © 6 Février 2016

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