A la une > Poitiers partage 200 ans d’histoire avec les sourds et sourds-aveugles

Les associations Larnay-Sagesse à Biard et Apsa à Poitiers sont les héritières d’une histoire de l’instruction des enfants sourds et sourds-aveugles, dont les débuts remontent au XVIII siècle.

Une classe de l’Institution régionale des sourds muets et jeunes aveugles, avenue de la Libération, dans les années 1910.

Aujourd’hui, près de 430 enfants et adultes en situation de handicap sensoriel sont accueillis dans les établissements gérés par l’Apsa (Association pour la promotion des personnes sourdes, aveugles et sourdes-aveugles *), à Poitiers et alentours, et par l’association Larnay-Sagesse, à Biard (lire aussi ci-dessous).

Une école pour jeunes filles sourdes est créée en 1833

Ces deux associations sont les héritières des congrégations religieuses qui, dès le XVIII siècle, ont posé les bases pour l’instruction des enfants sourds et sourds-aveugles. Un héritage qui explique le lien toujours important qui unit Poitiers, les sourds, sourds-aveugles et leurs familles.
Le tout début de l’histoire date de 1701, lors de l’arrivée du père Louis-Marie Grignion-de-Montfort à Poitiers, où il va se consacrer à un hôpital pour les pauvres, puis de 1703, année où Marie-Louise Trichet devient religieuse et s’implique auprès de lui à l’hôpital. En 1715, toujours avec le père de Montfort, elle fonde la Communauté des Filles de la Sagesse « pour l’instruction des enfants et le soin des pauvres ».
Alors que les Filles de la Sagesse et les Frères de Saint-Gabriel (autre congrégation montfortaine) développent leurs écoles dans le diocèse de Poitiers, l’accueil des sourds va s’y développer à partir du XIX siècle, sous l’impulsion du père Gabriel Deshayes. En 1833, une école pour jeunes filles sourdes est créée et confiée aux Filles de la Sagesse; elle s’installera dans le manoir de la famille de Larnay, à Biard, en 1847. Parallèlement, les garçons sourds sont accueillis par les Frères de Saint-Gabriel, d’abord à Rouillé et Loudun, puis à Poitiers dès 1856 (faubourg de la Tranchée puis avenue de la Libération à partir de 1874, à l’emplacement actuel de l’Apsa et de l’IRJS).
La première jeune fille sourde-aveugle, Germaine Cambon, est accueillie à Larnay en 1860. En 1895, Marie Heurtin (à qui un livre puis un film ont été consacrés) est prise en charge par soeur Sainte Marguerite, dont les méthodes pédagogiques vont contribuer à faire de l’institution un lieu reconnu pour l’éducation des sourdes-aveugles. Chez les Frères de Saint-Gabriel, une section pour les sourds-aveugles est ouverte en 1925.
Dans le courant du XX siècle, l’éducation des enfants se poursuit, tandis que se développent des foyers d’accueil pour les adultes et personnes âgées. De nos jours, les congrégations religieuses ne sont plus présentes: ce sont des associations laïques qui assurent la gestion de tous ces établissements.
La fin du XX siècle a aussi été marquée par le choix de Poitiers par l’association 2LPE (Deux langues pour l’éducation) comme ville test pour la création de classes bilingues (en langue des signes française et langue française).

L’ouvroir de l’Institution de Larnay, tenue par les Filles de la Sagesse, au début du XX siècle.

(*) L’association emploie aussi l’orthographe « sourdaveugles »

Source : http://www.centre-presse.fr © 2 Février 2016

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