La main des sourds

A la une > Un court-métrage pour faire parler des sourds

Matthieu Boivineau, cinéaste castelbriantais, vient de réaliser un court-métrage sur les malentendants. Je suis pareil que toi est en lice pour le Nikon film festival.

Le réalisateur aux racines castelbriantaise, Matthieu Boivineau, présente actuellement un film au 6e Nikon film festival, concours sur internet destiné aux courts métrages. Le thème de cette édition étant Je suis un geste, le trentenaire désormais installé à Paris a opté pour un sujet sensible et cher à ses yeux : le problème de la surdité et des malentendants.

Plusieurs témoins pour un seul message

« J’ai réalisé, il y a quelques années, des séries de films pour le centre Charlotte Blouin à Angers. C’est une structure qui s’occupe des sourds et malentendants de tous les âges. Alors, quand j’ai vu le thème du festival, j’ai tout de suite pensé à eux. Je voulais profiter d’une telle audience pour faire parler d’eux. »

Car, avec Je suis pareil que toi, une production de 2 minutes 20 dont quelques séquences ont été tournées dans le Castelbriantais, l’idée de Matthieu Boivineau est de montrer que ces personnes ne se définissent pas seulement par leurs handicaps. Elles ont une vie, des activités, des émotions, des joies, et des peines…

« Ces personnes sont parfois très isolées. C’est un handicap invisible, beaucoup moins perceptible pour le grand public qu’une personne en fauteuil par exemple. Mais cela reste un handicap très contraignant pour la personne qui en souffre. »

J’ai voulu montrer que malgré cela, ces gens restent des personnes comme n’importe qui et qu’elles méritent qu’on s’y intéresse.

Ainsi, le court-métrage égraine des instants de vie de plusieurs témoins. On y voit un jeune boulanger à l’œuvre qui dit ensuite : « Je peux travailler de mes mains » en langage des signes. Ou bien une jeune femme enceinte, qui nous livre son message, « je peux donner vie ». Ou encore un joueur de tennis, qui nous révèle : « Je suis champion du monde. »

« La plupart sont des jeunes que j’ai rencontrés au centre Charlotte Blouin, mais aussi des adultes comme Vincent Novelli, champion du monde avec l’équipe de France de tennis sourds et malentendants. Avec son parcours un peu compliqué, il prouve que malgré le handicap, on peut vivre ses rêves et accomplir de grandes choses », estime le Castelbriantais.

> Pour visionner le film, cliquez ici

Des votes sur internet jusqu’au 15 février

Le Nikon film festival est un concours lancé sur internet. Les internautes ont jusqu’au 15 février pour voter pour leur film préféré, à raison d’un vote par jour. « Celui qui recevra le plus grand nombre de votes recevra le prix du public, rappelle Matthieu Boivineau. En parallèle, Nikon va sélectionner 50 films qui seront présentés au 38e festival international du court-métrage à Clermont-Ferrand, du 5 au 13 février. Là-bas, un jury, dont le président est l’acteur Jacques Gamblin, choisira ses films préférés. »

À la clé : le grand prix du jury, le prix Canal +, le prix de la mise en scène et le prix des écoles. Avec des dotations importantes en matériels, des diffusions dans les salles de cinéma partenaires, des formations vidéo ou bien encore une diffusion télé sur Canal +. Le réalisateur castelbriantais aimerait y décrocher des lauriers. « Ca permet d’être reconnu dans le métier et ça ouvre de nombreuses portes. Mais, si je ne gagne rien, tant pis. Redonner confiance aux sourds, ça n’a pas de prix »

À l’heure de notre bouclage, le film de Matthieu Boivineau était dans le top 20 des plus soutenus.

Pour voter, rendez-vous sur la page internet www.festivalnikon.fr

Source : http://www.leclaireurdechateaubriant.fr © 7 Janvier 2016

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