La main des sourds

A la une > L’institut de jeunes sourds Plein vent souffle ses 200 bougies

Etablissement spécialisé. L’institut de jeunes sourds Plein vent fête cette année son bicentenaire. L’occasion de se pencher sur l’histoire de cet établissement médico-social, placé sous la tutelle morale du réseau lassallien, et qui occupe le site du 40 de la rue Franklin depuis 1854.

En 1815, le règne de Napoléon 1er s’achève, Saint-Etienne va connaître une forte expansion jusqu’à la fin du siècle. David Comberry, un tailleur bordelais, arrive à Saint-Etienne. Il est sourd et décide d’apporter son expérience aux enfants. Il crée sa propre école, avec l’assentiment du maire de l’époque. Une école mixte installée rue Froide (actuelle rue Denis-Escoffier) et qui compte deux classes.

Après 10 ans de fonctionnement, faute de moyens, David Comberry quitte la ville pour fonder une autre école pour jeunes sourds, place des Minimes à Lyon.

De 1824 à 1843, l’école fut tour à tour rouverte, puis fermée. Jusqu’à ce que les Frères des écoles chrétiennes qui se vouent à l’enseignement et à la formation des jeunes, en particulier des plus défavorisés suivant les préceptes de Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle, installés à Saint-Etienne depuis 1805, prennent le relais. Logée dans une vieille bâtisse exposée aux intempéries, place Jacquard, l’école compte 6 élèves et 3 frères.

Après deux déménagements successifs, en 1854, l’école des jeunes sourds rejoint la colline des Pères, rue Franklin. Dès lors, l’institution de jeunes sourds va se développer, accueillant 7 frères et scolarisant 60 élèves.

Vers 1860, les premières formations professionnelles voient le jour, « dans des domaines qui demandent méticulosité et minutie, à savoir la reliure, la cordonnerie, la serrurerie, la ganterie, l’habillement, la menuiserie », explique Laurent Matillat, chef du service d’accompagnement à la scolarité et coordonnateur du bicentenaire.

104 jeunes en 1868

Dès 1868, 104 jeunes fréquentent l’établissement qui doit être agrandi, « des effectifs qui sont équivalents à nos effectifs actuels », précise Valérie Auvitu, directrice de Plein vent depuis janvier 2015.

En 1875 est également construite la chapelle dans l’aile droite du bâtiment. En 1880, l’établissement doit adopter la décision du Congrès de Milan interdisant la langue des signes. Interdiction qui ne sera levée qu’un siècle plus tard.

Début du XXe siècle, arrivent les nouvelles lois sur la laïcité. Et Henri Doron, administrateur, d’expliquer : « Le directeur de l’époque a rassemblé la centaine d’élèves. Tous se sont rendus à la Préfecture pour interpeller le Préfet sur leur devenir. Finalement, l’association des sourds, muets et aveugles de Lyon est créée en 1904 pour gérer l’établissement stéphanois ». Association qui deviendra Institution des jeunes sourds en 1965 et dont le siège social est transféré à Saint-Etienne.

En 1966, un projet de déménagement à la Chabure avorte. La mixité sera introduite dès les années 1975, Chantespoir qui accueillait les jeunes sourdes ayant fermé en 1964.

En 1990, les Frères des écoles chrétiennes quittent l’établissement, le dernier directeur religieux, Jean Favre ayant assuré sa fonction pendant 27 ans. C’est à cette époque que l’établissement prend le nom de Plein vent, un terme à la fois symbolique et lié à la configuration du site.

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