La main des sourds

A la une > Serémange-Erzange : par amour des chiens sourds

Pas question pour Virginie Ansoul d’adopter n’importe quel toutou. Pour elle, ce sera un chien sourd, recueilli à la SPA d’Œutrange. Shyva cohabite désormais avec Ice, extirpé des griffes de l’euthanasie.

A tous ceux qui le souhaitent, Virginie peut donner quelques conseils pour bien éduquer son chien sourd. Il suffit de la contacter au 06 02 39 71 32.

Jamais ils ne tendront leur oreille à l’appel de leur nom. Ice et Shyva ne sont pas malheureux pour autant. Le border collie et le croisé jack russel ont trouvé chez Virginie un foyer aimant. Une femme qui donnerait tout pour ses animaux. Dans son pavillon à Serémange, elle a même fait de la place pour accueillir… huit autres pensionnaires.Une tribu de chats qui évolue en harmonie avec les deux chiens blancs atteints de surdité à la naissance. Cela commence à faire du monde, non ? « Bon d’accord, ok, maintenant, chez moi, y’a plus de place ! », concède volontiers la trentenaire.Entre elle et ses protégés un peu spéciaux, « un lien magique » s’est de suite noué. « Un lien plus fort qu’avec n’importe quel autre chien », s’émerveille l’ancienne bénévole à la SPA. C’est une relation particulière, basée sur le langage des signes et l’expression du visage.»

Shyva, arrivée la première, a été adoptée à la SPA d’Œutrange. Ice, le plus jeune des deux, vient d’élire domicile en Lorraine, après avoir quitté son Sud natal. Avec ses deux yeux bleus, le p’tit dernier était voué à un avenir funeste : l’euthanasie. Le rendez-vous avec la Grande Faucheuse ne sera pas pour maintenant. Alertée sur Facebook par Adoption sans frontière, la Mosellane changera le destin du toutou. Après une journée passée sur l’A6 en voiture, l’espiègle petit bonhomme, toujours prêt à recevoir un câlin, fera passer ce jour-là « la plus longue journée de sa vie » à sa maîtresse. La famille s’est agrandie.

« Ils ont tout du chien normal »

Comme pour sa sœur d’adoption, Ice se rend régulièrement dans un club canin, histoire de se sensibiliser à l’agility, au flyball (activité qui associe jeu et sport) et à l’obérythmée (obéissance en musique). Une gymnastique destinée à parfaire l’éducation de ces amours, rompus à l’exercice de la docilité. Tout avait commencé avec « des friandises odorantes, que je mettais dans ma bouche pour les habituer à regarder ».

Aujourd’hui, l’aînée n’a plus forcément besoin de cette récompense pour exécuter les ordres. Mais s’il y en a une, c’est jamais de refus ! Ice, en plein apprentissage, compte encore sur cette carotte pour assimiler un « assis », « debout », « couché », « c’est bien ! », exprimés par le geste.

« Ils ont tout du chien normal, persuade Virginie. Les miens, ce sont des vrais gosses ! » Des bambins pour qui leur mère « ne sera jamais à la hauteur de ce qu’ils me donnent ».

Source : http://www.republicain-lorrain.fr © 24 Juillet 2015

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