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A la une > Ne pas fermer les yeux devant la surdité

Les personnes sourdes sont mieux perçues dans notre société qu’il y a quelques années.

A l’institut André-Beulé, les instituteurs apprennent le langage des signes.

Les personnes sourdes sont mieux perçues dans notre société qu’il y a quelques années. Un combat de chaque instant, comme à l’institut André Beulé.
« Quand j’étais jeune éducateur à Nantes, les enfants refusaient de parler le langage des signes dans le bus car ils étaient mal vus. Jusque dans les années 80, ce n’était pas facile ». Bertrand Paichoux, directeur de l’Institut André Beulé à Nogent-le-Rotrou, n’est pas nostalgique du passé. En tout cas lorsque cela concerne la façon dont sont perçus les sourds dans la société.

« Ce n’est plus étrange »

Leur image s’est améliorée depuis quelques années. « Avant, il y avait peu de professionnalisation, ajoute le directeur. Aujourd’hui, il faut un diplôme pour enseigner la langue des signes, et des sourds sont professeurs. Ce n’est plus quelque chose d’étrange : les candidats aux élections ont leur discours traduit en langage des signes. Mais il y a encore des progrès à faire, à diplôme égal c’est dur d’évoluer pour un sourd. »
Bertrand Paichoux se souvient d’émissions télévisées comme Mes mains ont la parole, diffusée entre 1979 et 1988 sur Antenne 2, ou L’œil et la main, diffusée depuis 1994 sur Arte, qui ont participé à ces changements de mentalité.
La multiplicité des films ou séries télévisées est aussi un bon exemple. Illustration avec La Famille Bélier, et ses 7 millions d’entrées en 2014, soit un Français sur 10. Ce long-métrage raconte l’histoire d’une famille de sourds dont seule la fille est entendante. Seulement, les deux parents ne sont pas joués par des malentendants. « Je ne suis pas sûr que cela plaise aux personnes atteintes de surdité, se demande le directeur de l’Institut fondé en 1811. Mais j’ai le plaisir de voir qu’après des années d’interdiction, la langue des signes revient. »
En effet, en 1882, l’usage des langues régionales est proscrit à l’école. Le langage des signes est compris dans ces langues bannies, au même titre que le breton ou le normand. « C’est l’éducation des sourds qui a été interdite », regrette Bertrand Paichoux. Il faudra attendre un siècle, en 1991, pour qu’elles fassent leur retour.
La surdité a longtemps été mal connue. En 1850, les sourds étaient considérés comme fous et internés en hôpitaux psychiatriques. « Notre institut était tenu par des religieux, ils ont sorti les enfants sourds des hôpitaux psychiatriques où ils n’avaient rien à faire ».

La règle des « trois 90 »

Le rôle de l’institut, c’est aussi de briser les idées reçues sur les sourds-muets. « On dit  juste « sourds », car le mutisme est une conséquence de la surdité », corrige immédiatement Bertrand Paichoux. Le saviez-vous : 90 % des sourds se marient entre eux, 90 % des enfants des sourds sont entendants et 90 % des enfants sourds ont des parents entendants. « Je connais un couple de sourds, ils ont 4 enfants qui sont tous entendants », illustre ainsi le directeur.
De cause héréditaire ou médicamenteuse, la surdité peut aussi être évolutive. Ce qui  explique que des sourds sont capables de parler « normalement ».
Grâce aux avancées technologiques, des progrès ont été réalisés au niveau du matériel comme les prothèses auditives. « Certains enfants implantés vont à l’école ordinaire, se réjouit le directeur de l’institut nogentais. Pour d’autres, cela ne marche pas et nous ne savons pas pourquoi. Mais cela n’invalide pas l’usage de la langue des signes. »
L’institut André Beulé
L’institut André Beulé, fondé en 1811 par l’abbé éponyme, est l’un des premiers établissements pour sourds à avoir été créés. Il accueille une centaine d’enfants, de quelques mois à 20 ans, pour leur apporter un soutien dans leur scolarité (Service de soutien à l’éducation familiale et à la scolarisation). « Si cela ne fonctionne pas, nous conduisons la scolarité des enfants à l’institut », détaille Bertrand Paichoux. Avec des antennes à Chartres, Vernouillet et Châteaudun, l’institut André Beulé intervient sur un large secteur (La Ferté-Bernard, Dreux, les Yvelines, l’Eure).

Source : http://www.le-perche.fr © 25 Mars 2015 à Nogent-le-Rotrou

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