La main des sourds

Langue des signes française : quelle évaluation pour une …

LANGUE DES SIGNES FRANÇAISE : QUELLE ÉVALUATION POUR UNE LANGUE SANS ÉCRITURE ? [ST LSF] / ÉLISE LEROY, JEAN-LOUIS BRUGEILLE
Langue des signes française : quelle évaluation pour une langue sans écriture ? / Élise Leroy, Jean-Louis Brugeille, in in “Éducation inclusive, la question de l’évaluation : des représentations aux pratiques évaluatives”, colloque international organisé par le Laboratoire Éducation, Formation, Travail, Savoirs (EFTS) de l’Université Toulouse Jean Jaurès et l’École Nationale de Formation Agronomique (ENFA) de Toulouse-Auzeville. Université Toulouse Jean Jaurès-campus Mirail, 2-3 février 2015.
Atelier 6 : Adaptations au geste évaluatif, 2 février 2015.

* Version sous-titrée en Langue des Signes Française.

La Langue des Signes Française (LSF) est aujourd’hui reconnue comme une langue à part entière et de fait comme langue enseignée. Mais sa reconnaissance comme langue d’enseignement reste encore difficile, ce qui peut, comme nous le verrons de manière transversale lors de cette présentation, poser différents problèmes aussi. Pourtant de nombreuses évolutions ont découlé du texte de loi de février 2005 relatif à l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
En effet, dès la rentrée scolaire en septembre 2008, des programmes d’enseignement de la LSF ont été édictés pour un enseignement de langue 1 et de langue 2, dans le premier et second degré -notamment dans le cadre des épreuves facultatives aux baccalauréat et BTS. Il est important toutefois de signaler que des classes où l’enseignement est fait en LSF de la maternelle au lycée existe depuis 1984 en France. Le groupe ministériel chargé de l’élaboration des programmes d’enseignement s’est donc appuyé sur ces expériences du terrain.
Par ailleurs, les concours du CAPES de LSF (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré) ont été mis en place également dès l’année scolaire 2009-2010. Depuis cette création, les épreuves du CAPES -comme ceux du Diplôme de compétence en langue (DCL)- et les critères d’évaluation n’ont eu cesse d’être modifiés pour s’adapter au mieux à cette langue visuo-gestuelle, sans écriture (au sens graphique du terme). De même, il faut noter qu’il n’existe pas à ce jour de référentiel détaillé pour la langue des signes française. Seule une ébauche dans le cadre de l’adaptation du CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues) avait été produite en 2002. Comment donc concevoir des critères d’évaluation adaptés au vu du format des concours proposés ?
Il s’agit de soulever, dans le cadre de la justice basée sur des normes collectives et une justesse fondée sur la prise en compte des singularités du public -les sourds entre autres, des réflexions quant à l’accès des sourds au français écrit, que nous considérons comme langue seconde pour ce public.
Dans cette communication, Élise Leroy et Jean-Louis Brugeille montrent les pistes et solutions d’évaluation pensées dans ce cadre, tout en tenant compte d’une part, de la problématique singulière de l’hétérogénéité du public des candidats (apprentissage divers de la LSF, langue 1 vs langue 2…) et, d’autre part, du caractère singulier de la langue. Il s’agit, autrement dit, d’expliciter l’innovation des épreuves de ce concours faites au moyen de la LS-vidéo. En effet, la vidéographie semble être aujourd’hui le moyen de palier l’absence de forme écrite pour cette langue, en remplissant la quasi totalité des fonctions de la lecture/écriture graphique, mais des critères d’évaluation ont dû être inventés tenant compte des compétences techniques et linguistiques que cela implique. Enfin est évoqué un recul sur l’évolution des épreuves au CAPES en montrant les contraintes (éducatives, sociales et politiques) encore rencontrées face à ce jeune concours.

Source : https://www.canal-u.tv © février 2015

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