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MIKLOS KELETI/ALAIN BERLINER. LE DRAME, LE FANTASTIQUE, LE POINT DE VUE D’UNE ENFANT

La collaboration entre Miklos Keleti et Alain Berliner avait déjà fait ses preuves en 2011 avec le film « Dos au mur », alors que le premier était l’élève et le second, le professeur à l’INSAS (Belgique). Avec « Figures », Miklos Keleti signe cette fois-ci un court-métrage à cheval entre le film d’auteur et le film fantastique dont le producteur est à nouveau Alain Berliner, réalisateur de « Ma vie en rose » et « J’aurais voulu être un danseur ». Le duo Keleti/Berliner était, ce mois-ci, pour la deuxième fois en compétition au Festival Européen du Film Court de Brest. Entretien croisé autour de leurs films, du cinéma en général, de leur travail respectif et de leur collaboration.

Miklos, quelles sont les origines de tes films et ton intérêt pour un univers à la limite du (para)normal ?

M.K. : Mon film précédent « Dos au mur » était clairement inspiré de l’affaire Natascha Kampusch, un fait divers d’une enfant enlevée et séquestrée pendant huit ans et qui a réussi à s’échapper. Par rapport au sujet de mon film, il s’agissait juste du point de départ. Ce qui m’intéressait cinématographiquement parlant, c’était la manière d’exprimer des choses sans l’usage des mots, mais par des cadres, par la relation image/son. Par conséquent, dans ce film, il était réellement important pour moi d’essayer de voir ce qui se cache derrière une situation du point de vue d’un personnage témoin mais sans l’utilisation des dialogues, de sorte à se rapprocher du point de vue du spectateur.

Pour « Figures », c’était différent puisqu’il s’agissait cette fois d’un scénario original. En réalité, il s’agissait au départ d’un projet de long-métrage dans lequel se trouvait le même personnage d’une petite fille vivant au sein d’une communauté dans laquelle une espèce de force surnaturelle dominait les personnages. La petite fille était sourde également et de par son handicap, elle réussissait à communiquer par des signes avec cette force mystérieuse.

Pour le court-métrage, je me suis dit que ce personnage de la petite fille m’intéressait particulièrement et l’histoire a donc évolué autour d’elle. En effet, il y a un rapport au genre fantastique et à quelque chose de paranormal. J’ai été inspiré par beaucoup de films d’horreur, de films fantastiques hollywoodiens des années 80. Dans le cinéma de la fin des années 1970, il y avait cette volonté de s’aventurer dans un nouveau genre en essayant de mixer du drame avec du fantastique. J’ai voulu me rapprocher de cette intention avec le point de vue d’une enfant. Parallèlement, j’ai dû réfléchir à la manière de filmer le handicap de cette petite fille.

La fillette qui interprète le rôle principal est-elle vraiment sourde ?

M.K. : Non, c’est une comédienne et elle avait d’ailleurs déjà joué dans quelques films auparavant. En réalité, elle vient d’une famille de comédiens puisque ces deux parents le sont également. Néanmoins, j’étais très intéressé à l’idée de travailler avec une enfant sourde car il y a des réactions difficiles à jouer et on a par conséquent fait passer des castings dans ce sens, mais il s’est avéré que c’était très – trop – compliqué au niveau de la communication.

Tu mentionnes le fait que « Figures » était à la base un projet de long-métrage et on a en effet le sentiment que ce court-métrage est comme la première séquence d’un film plus long. As-tu toujours l’intention de développer cette idée en long-métrage ?

M.K. : Non, mais c’est amusant car beaucoup de gens me disaient déjà la même chose pour « Dos au mur » et sur ce film, j’ai le sentiment que ma fin est certes ouverte, mais assez close tout de même. Il y a en réalité plusieurs interprétations possibles et c’est voulu comme ça. Concernant le développement d’un long-métrage, je travaille actuellement sur un autre projet qui n’a rien à voir, un mélange de science-fiction. Au final, même si je souhaitais à la base développer ce personnage de la fillette sourde en long-métrage, il s’est avéré que j’ai préféré le format du court-métrage pour raconter son histoire.

Source : http://www.formatcourt.com © 3 Décembre 2015

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