La main des sourds

Capinghem : l’EHPAD, un modèle pour les sourds du troisième âge

Une première rencontre de grande ampleur a été organisée par l’EHPAD de Capinghem entre des sourds du troisième âge des régions Nord et Alsace. Entre réunions et découverte du Nord, la semaine a été chargée.

Mme Deroulers, directrice de l’EHPAD pendant le discours de Patrick Dupont

« Ah, si seulement nous avions quatre à cinq structures de ce genre en France », regrette Patrick Dupont, à la fois président du Foyer des sourds à Lille et du Réseau sourds et santé, relayant ainsi la position de la Fédération des sourds. L’EHPAD de Capinghem « est l’un des seuls établissements accueillant à la fois des entendants et des sourds. Il va de soi que la communication entre sourds et entendants reste un gros problème. Notre souhait est que tout le personnel soignant ait une formation à la langue des signes. Actuellement nous ne trouvons pas de personne diplômée d’état en interprétariat de la langue des signes. C’est un vrai souci. »

« Dans ce nouveau quartier d’Humanicité, l’EHPAD offre pour 14 sourds âgés, un cadre médico-social adapté et une prise en charge thérapeutique », poursuit la directrice, Mme Deroulers. « Les sourds sont bien intégrés dans la structure. Notre équipe comprend des personnes sourdes et d’autres connaissant parfaitement la langue des signes. Pour faciliter l’intégration dans notre lieu de vie, nous portons nos efforts sur l’accueil avant l’arrivée des personnes concernées. À l’heure actuelle, nous recevons des sourds de toute la France. »

« Nous sommes venus en curieux et nous sommes ravis de la visite », confirme Gérard Wolfrom Président du club des Seniors sourds du Bas-Rhin. Une rencontre enrichissante dont il espère tirer des enseignements pour des propositions futures visant à améliorer les relations entre sourds et entendants en Alsace et des pistes d’élaboration de programmes pour les décideurs.

Cette rencontre fut également l’occasion de mettre le doigt sur la résistance encore présente dans le monde professionnel. Delphine Duponchelle, interprète en langue des signes, regrette que les patrons refusent d’appeler les interprètes arguant du secret professionnel. « Mais les sourds travaillent bien et ils sont productifs ! Les blocages sont trop nombreux et les nouvelles technologies n’apportent pas suffisamment d’amélioration notable dans la communication en général. Au sein de l’établissement EHPAD, mon rôle consiste à traduire les mots bien sûr mais il est aussi nécessaire d’avoir un intermédiaire pour traduire le ressenti de la personne sourde et lui décoder les termes techniques quelquefois compliqués. »

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 14 Septembre 2015 à Capinghem

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