Dominique Malherbe s’entraîne à la langue des signes

Dominique Malherbe a profité des vacances pour travailler la langue des signes. Et ce en vue de communiquer avec les sourds pour leur transmettre la musique.

Durant l’été, chacun fait ce qu’il lui plaît. Certains ont profité de leurs vacances pour voyager, d’autres pour travailler. Six Jacquolandins nous racontent leur expérience.

Lequel de vos cinq sens auriez-vous le plus peur de perdre ? Chacun a sa réponse. Pour Dominique Malherbe, c’est l’ouïe. Mais si, durant ses vacances, elle a travaillé intensément la langue des signes, ce n’est pas pour se préparer à cette éventualité.

L’apprentissage est motivé par l’envie de pouvoir communiquer avec ceux qui n’entendent pas ou peu. Un désir qu’elle a depuis plus de dix ans. « J’enseigne le violon et j’ai la chance d’avoir l’oreille absolue. J’entends distinctement toutes les notes contenues dans chaque son. Depuis toute petite, j’appréhende le monde de cette manière. De fait, porter des écouteurs me met mal à l’aise. Je suis entrée dans le pays des sourds attirée par la chorégraphie des signes. J’ai décidé de m’y plonger, pour pouvoir transmettre aux malentendants, comme je le fais avec les entendants, le plaisir de la musique. »

Mettre en place une pratique collective

S’il existe des techniques musicales adaptées pour les former, le préalable est qu’elle puisse communiquer avec ses futurs élèves. « Mon objectif est de mettre en place une pratique collective. Le plaisir de jouer ensemble est l’essence même du plaisir musical. L’importance de la musique pour tous, y compris les sourds, a été étudiée par Alain Carré, ancien professeur à Rennes, maintenant installé dans l’Est. J’espère vraiment avoir un jour l’occasion d’échanger avec lui. »

En attendant, Dominique Malherbe est en formation à l’Urapeda de Rennes (Union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs). Elle s’entraîne devant son miroir et suit des cours en ligne.

Une redécouverte de la communication

Mais l’apprentissage n’est pas simple. « C’est une langue compliquée. Peut-être plus que d’autres car, parce qu’ils sont aussi signifiants que le signe, il faut mobiliser le corps et le visage lorsqu’on s’adresse à quelqu’un. Ce n’est pas dans mes habitudes.

L’autre difficulté tient au fait que la construction de la phrase ne se pense pas de la même manière. Par contre, grâce à la pratique du violon, j’ai moins de souci que certains pour orienter mes doigts. » La pratique de la langue des signes est aussi l’occasion d’acquisitions supplémentaires, comme intensifier sa manière de regarder.

« Le silence est pour l’oreille ce que la nuit est pour les yeux. Sans lumière et sans l’attention portée à ce que fait l’autre, on ne peut pas le comprendre. Laura, notre professeur, elle-même non entendante, nous incite à avoir une vision la plus large possible, à perdre l’habitude de s’exprimer en regardant, par exemple, son téléphone portable. C’est tout une redécouverte de la communication. C’est passionnant. Au point qu’à la fin du cours, j’ai du mal à m’exprimer en paroles. »

Dominique Malherbe a déjà suivi deux modules de formation. Il lui en reste au moins six afin de pouvoir appréhender cet univers et de le mettre en place au sein de l’école de musique de Betton où elle enseigne.

Source : http://www.ouest-france.fr © 25 Août 2015 à Saint-Jacques-de-la-Lande

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