La main des sourds

Une école où sourds et entendants se côtoient

C’est le souhait de Sylvie qui aimerait créer de nouvelles classes.

Sylvie et Michel habitent Ophain et sont parents de sept enfants dont Thomas, âgé de huit ans et sourd depuis sa naissance. Un handicap pas facile à gérer, surtout lorsqu’il s’agit d’aller à l’école. “Au début, il allait dans une école intégrée à Bruxelles”, explique la maman.

Dans cette école spéciale, de nombreux enfants, aux handicaps divers, se côtoient mais, rapidement, Thomas ne s’est pas senti à l’aise. “Il a doublé sa troisième maternelle car il a eu un problème de cœur mais rapidement, j’ai entendu des gens dirent qu’il ne pourrait pas faire ceci ou cela. Thomas ne se sentait pas bien dans cette école mais, au fond de moi, je sentais qu’il avait des capacités intellectuelles. Jusqu’il y a quelques mois, l’école était encore un sujet tabou à la maison.”

Car depuis le mois de mars, Thomas a changé d’école et semble à présent se sentir comme un poisson dans l’eau. Et pour cause : il est à Namur, à l’école Sainte-Marie, un établissement scolaire qui mélange les enfants sourds et entendants. “C’est la seule école francophone qui propose ce type d’enseignement. Quand on a visité l’école, on s’était dit qu’on prendrait notre temps pour faire notre choix mais une fois la visite terminée, nous avons directement dit oui.”

Prêt pour la rentrée 2016-2017 ?

Cette école semble donc être le paradis pour Thomas qui se retrouve dans une classe normale avec un professeur qui parle pour les entendants et un second qui signe pour les sourds et malentendants.

Le seul hic : l’école se trouve à Namur ! “A la longue, les trajets deviennent difficiles à gérer”, reconnaît Sylvie. Laquelle s’est mise en tête de créer le même style d’établissement scolaire en Brabant wallon et son choix s’est porté sur Nivelles. “Deux écoles sont d’accord de nous accueillir et une était même prête à commencer cette année. Malheureusement, cela va encore prendre un peu de temps car il faut trouver des professeurs formés au langage des signes et ce n’est pas facile.”

Si tout se passe bien et avec un peu de soutien, Sylvie pourrait ouvrir les premières classes pour la rentrée 2016-2017. “Je pense que c’est en bonne voie et que cela soulagerait beaucoup de parents. Le plus difficile à trouver, c’est le financement. Nous avons aussi besoin d’un nombre suffisant d’enfants (quatre minimum par classe) et il faut créer une ASBL dans l’école même. Ensuite, nous devons trouver plusieurs professeurs qui signent parfaitement car il faut répondre à un décret très strict.”

Mais Sylvie sait qu’avoir un professeur par classe, c’est presque impossible au début. “C’est pour cela que nous avons dans l’idée de créer des classes transversales. C’est-à-dire avoir un professeur qui donne cours aux enfants de 1re, 2e et 3e primaires et un second pour les trois autres classes. J’ai connu cela quand j’étais plus jeune. Cela fonctionnait très bien et j’espère que ce sera possible.”

La demande est là

Pour lancer son projet, la Brainoise a donc besoin de soutien. “Pour le moment, nous avons de très bons contacts avec deux écoles sur Nivelles et d’autres très intéressants via les réseaux sociaux. Je sais que d’autres personnes avaient, par le passé, déjà tenté d’ouvrir une école de ce type en vain. Mais on y croit vraiment. La demande est présente.”

Source : http://www.lalibre.be © 21 Aout 2015

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