La main des sourds

C’est la famille Bélier du volley

Fabien et Sophie Baslé, frère et sœur, disputent à Paris les Championnats d’Europe des sourds avec les équipes de France.

Halle Carpentier (Paris XIIIe), mercredi. Sélectionnés en équipe de France, Sophie et Fabien Baslé (à gauche) sont soutenus par leur frère et sœur, Julien et Karine. De la main, toute la famille indique « la France » en langue des signes

« Grâce à l’équipe de France, nous pouvons tous les deux montrer que nous sommes fiers de notre pays, devant notre public. » Même s’il est resté sur le banc face à la Russie, Fabien Baslé (34 ans) a salué de la main et sans un mot ses supporteurs, tous souriants malgré la défaite.

Si sa manière de leur rendre hommage est particulière, c’est parce que Fabien ne peut rien entendre, comme ses coéquipiers. Il est malentendant et avec les Bleus, il participe aux Championnats d’Europe des sourds, qui se sont ouverts mercredi à la halle Carpentier de Paris (XIIIe). Sauf que le Nantais n’est pas le seul en compétition. Sophie (40 ans), sa sœur aînée, est la capitaine de l’équipe féminine, également engagée cette semaine.

Chez les Baslé, le volley, c’est sacré. Les parents, Julien, le frère jumeau de Fabien, et Karine, la 2e sœur : tous sont sourds et passionnés. Et unis, à l’image de « la Famille Bélier », le film qui a cartonné au cinéma fin 2014. Sophie n’a que 13 ans lorsqu’une copine lui propose de se tester au volley, dans un petit club près de Nantes. Les autres sont entendants, alors la jeune fille s’accroche : « C’était perturbant, il a fallu s’adapter. Mais c’était assez souple vu notre âge. »

A 17 ans, elle intègre une équipe de sourds, puis participe à son 1er Championnat d’Europe en Russie en 1998, avant de retrouver une équipe entendante. A cette époque, Fabien touche aussi le ballon, grâce à sa grande sœur : « Vers 10 ans, je regardais ses matchs. Elle m’a donné envie d’y jouer. Entre nous, il n’y a pas de rivalité. On se taquine un peu, mais on s’encourage surtout. Il y a souvent une petite discussion après les matchs. Et on continue de s’améliorer ensemble. » « Le volley sourd est un petit monde, confie la capitaine des Bleues, qui porte le numéro 12 comme son frère. La France a une base simple techniquement, mais les jeunes ont le niveau. Je fais tout pour qu’elles progressent. » Ce qui ne l’empêche pas de continuer à pousser des sourds à intégrer des clubs entendants. Tout à l’heure (17 h 30), Fabien jouera peut-être contre l’Italie. Toute la famille sera à nouveau dans les tribunes pour l’encourager. Et les grands gestes suffiront.

Source : http://www.leparisien.fr © 3 Juillet 2015

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.