La main des sourds

Sourde, Takasugi Naoko pilote comme les hommes

24 Heures Motos. Jeudi et vendredi, un équipage 100 % féminin va tenter de se qualifier. Parmi elles, une pilote japonaise s’est affranchie d’un handicap pour faire de la compétition.

Au fond du stand numéro 52, vêtue d’une combinaison, casquée et assise sur une modeste chaise de salon de jardin, Takasugi Naoko se concentre. Cette femme est une des quatre pilotes de la Suzuki n° 10 du Team Amazone Fire. Avec les Françaises Margaux Wanham, Jennifer Houillier et la Slovène Manca Katrasnik, elles constituent l’unique équipage féminin de la 38e édition des 24 Heures motos.

Agé de 37 ans, la Japonaise Takasugi Naoko est sourde de naissance. Un handicap dont elle s’est affranchie pour faire de la compétition moto : sa raison d’être depuis quatorze ans. Au guidon de la Suzuki GSX-R 1 000, hormis sa petite taille, rien ne la différencie des autres pilotes. Pour passer les rapports au bon moment, pas de témoin lumineux sur le tableau de bord. Takasugi fait ça « au feeling, à l’intuition et en fonction des vibrations de la machine », signe t-elle à Megumi Terao, son interprète. « Malgré le fait qu’elle soit sourde, Takasugi sait parler. Elle lit sur les lèvres et comprend même des phrases simples, en français », explique Luc Martinet, patron de la concession francilienne Luc Moto et soutien du team.

Avec ses coéquipières, Takasugi Naoko qui participe au championnat thaïlandais de Moto3, espère dans un premier temps parvenir à se qualifier pour la course (contrairement à l’édition 2013) et ensuite aller au terme de celle-ci.

Miss ananas

« Le circuit Bugatti est techniquement plus difficile que celui de Magny-Cours. Ici la moto bouge beaucoup et depuis que j’ai chuté sous la pluie à Suzuka, je redoute ces conditions », confie celle qui réside à Osaka et que l’équipe surnomme « Miss Pineapple » (Miss ananas) en rapport avec la décoration de son casque.

La collaboration entre le Team Amazone Fire et Takasugi est le fruit d’un concours de circonstances. « Je l’ai connu par les médias. J’ai passé quelques coups de fils au Japon et Takasugi nous a fait confiance », raconte Luc Martinet.

À l’issue des 24 Heures, la pilote japonaise n’aura pas le temps de profiter des charmes de la cité mancelle. Elle doit participer à une course de vitesse le mardi suivant la course.

Source : www.ouest-france.fr © 15 Avril 2015

1 commentaire
  1. Bordes dit

    NON !!!!! Elle pilote comme une FEMME !!!! Ce n’est pas une insulte d’être une femme, et le but principal de nos vies n’est pas d’être comme les hommes !!!! Vous auriez osé écrire “comme une non-sourde” ????

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