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Hauts de Seine Habitat

Au tour du personnel de la cantine d’Habitat-Sourds de se faire servir

Depuis sa première sortie en 2013, la cantine mobile d’Habitat-Sourds vogue sur un succès inespéré. À la mi-août, les huit résidents qui participent à ce projet entrepreneurial estival récolteront le fruit de leurs plus récents efforts en s’offrant un séjour à Toronto. Là-bas, ils auront l’occasion de prendre un repas au Signs, le premier restaurant canadien dont le personnel en service est sourd.

Marie-Claude Matte et Stéphanie Lafond ne peuvent que se réjouir du succès que connaît la cantine mobile Habitat-Sourds.

Pour ces personnes obligées de s’adapter à un monde d’entendants, elles anticipent avec hâte ce moment privilégié où on s’adressera à elles dans leur langue, celle des signes. Depuis que le choix de la destination est fixé, Marie-Claude Matte observe un regain d’intérêt chez ses protégés. «Ça les nourrit, ces projets-là», confirme la responsable d’Habitat-Sourds, qui en fait d’ailleurs sa philosophie depuis son arrivée à la tête du service d’hébergement chapeauté par Signes d’espoir, il y a neuf ans.

D’abord par des sorties, puis par des voyages, et enfin par la mise sur pied d’une cantine mobile, Marie-Claude Matte cherche depuis le début à stimuler ces personnes sourdes dont la plupart vivent avec un problème de santé mentale, auquel s’ajoute pour certains une déficience physique, sensorielle ou intellectuelle. «Ils s’épanouissent, ils ne pensent plus à leurs bobos. On essaie le plus possible d’aller chercher leurs forces, de leur donner une vie normalisante et de leur faire vivre des succès.»

Un succès sur toute la ligne

La cantine mobile fait partie de ces succès, donc, à la fois sur le plan clinique et financier. Adoptée par la population et les organismes de Charlesbourg qui renouent avec elle lors des grands événements, elle se voit forcée désormais de refuser des contrats. Car il ne faudrait pas oublier que «la beauté de ça, c’est que tout est bénévole», souligne Marie-Claude Matte; avec le personnel d’Habitats-Sourds, elle donne de son temps pour accompagner les sorties des résidents avec la cantine.

Ceux-ci reçoivent pour leur part un salaire symbolique, qui leur donne un certain sens de l’autonomie. D’ailleurs, chacun doit débourser 150$ pour participer au voyage à Toronto, question que «ça ne leur tombe pas tout cuit dans le bec», fait valoir Marie-Claude Matte. Quoique l’essentiel du séjour – quelque 6000$ – est déjà financé par les revenus de leur travail à la cantine.

Tous les sous recueillis, rappellera à ce titre Stéphanie Lafond, aide-responsable, sont utilisés pour des projets ou des besoins spécifiques des résidents qui, ces deux derniers étés notamment, ont goûté aux joies du camping. Pour toutes ces occasions de «vie normalisante» que, par sa générosité, la population offre à ses protégés, Marie-Claude Matte ne peut qu’être reconnaissante.

La cantine Habitat-Sourds en chiffres

8

résidents qui se partagent les horaires de travail

800

heures de travail en 2014

6000$

montant recueilli pour défrayer les frais de séjour à Toronto

Source : http://www.charlesbourgexpress.com © 30 Juillet 2015 à Canada

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