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Pôle Emploi fait appel à une PME locale pour aider les chômeurs sourds

Filiale de la société villeneuvoise Urbilog, le centre d’appels Sourdline a été sélectionné pour un test de six mois dans six agences en France. Une bonne nouvelle pour cette entreprise que la rigueur avait privée de contrats avec les organismes publics, et qui a annoncé vouloir créer des emplois dans la métropole lilloise.

Agence de développement web à l’origine, Urbilog a racheté Sourdline il y a deux ans. Cette PME avait été créée en 2005 à La Garenne Colombes par Caroline Mitanne, une jeune femme dont les deux parents sont sourds. Premier centre d’appels pour personnes sourdes et malentendantes, Sourdline propose aux entreprises et aux organismes publics de prendre en charge pour leur compte leurs communications et (ou) leurs relations clientèle avec leurs usagers ou administrés porteurs de ce handicap. De grands groupes, comme Canal + ou Venteprivée. com, ont déjà été séduits. Mais du côté des collectivités, les réponses se sont faites attendre, qui ont contraint le groupe à des licenciements il y a deux ans.
« Des décisions simplement reportées », nous disait en avril Benoît Thieffry, président et cofondateur d’Urbilog. Parmi celles-ci, donc, un contrat avec Pôle emploi. Depuis le 29 juin, six agences en France testent les services de Sourdline : deux à Paris, un site à Poitiers, un à Angoulême, et deux agences dans la région, une à Arras et Lille Grand Sud, la plus vaste du Nord-Pas-de-Calais. Ouverte en décembre dernier, Lille Grand Sud se déploie sur 2 600 m2, rue Paul-Walter, à proximité du CHR. Une centaine de conseillers y travaillent et sa fréquentation est estimée à 800 personnes par semaine. Comme pour toutes les nouvelles implantations de Pôle ou les relocalisations, un effort particulier est fait en terme d’accessibilité. Ainsi, grâce à des boucles magnétiques, les agents peuvent déjà se brancher sur les appareils auditifs des demandeurs d’emploi.
Pour Caroline Mitanne, « le dispositif est une vraie chance pour les personnes sourdes et malentendantes qui sont touchées plus fortement par le chômage, comme toutes les personnes porteuses de handicap. En améliorant la communication avec le responsable Pôle emploi, elle offrira de meilleures chances d’insertion professionnelle ».
Le principe est simple : le demandeur d’emploi, lors de son passage en agence pour son rendez-vous mensuel, s’installe devant un ordinateur. Il est mis en relation avec la plateforme Sourdline, qui fait le lien entre lui et son conseiller, soit par visio-interprétation en langue des signes, soit par tchat. Il faut savoir que les sourds profonds sont illettrés de la langue française. Ils ont leur propre français. C’est pourquoi il leur faut une interface dédiée.
Si le test est concluant, Pôle emploi pourrait passer un contrat avec Sourdline pour généraliser le dispositif à toutes ses agences. Ce serait un énorme marché pour Urbilog, dont le directeur annonçait en avril vouloir implanter un deuxième centre d’appels dans la métropole lilloise, en 2016.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 22 Juillet 2015 à Villeneuve-d’Ascq

 

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