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BESANÇON : LA LANGUE DES SIGNES EN DÉVELOPPEMENT DANS LES CRÈCHES

L’idée est née en novembre dernier du côté de la crèche de Marnay. « Deux collègues et moi-même avions vu un reportage télévisé sur une structure petite enfance qui utilisait la langue des signes. Nous avons acheté un bouquin pour commencer notre apprentissage. Et puis, toute l’équipe s’est lancée. »

La crèche de Marnay n’accueille pas d’enfants malentendants. Alors, pourquoi une telle initiative ? « Nous nous sommes rendu compte qu’on pouvait établir avec les tout-petits un autre mode de communication, souvent plus apaisé », explique Sylvie Laplaise, directrice de la crèche. « On a commencé par signer au moment des repas, les formules de politesse, les aliments. Puis on est passé aux actions. Les enfants ont suivi et ont commencé à signer eux aussi. Aux prémices du langage verbal, nous avons réussi à leur faire toucher du doigt qu’il existait d’autres modes de communication, d’autres langues. »

« Les enfants valides pourront interagir avec les enfants handicapés »

L’apprentissage de la langue des signes comme apprentissage de la différence. « Nous n’accueillons actuellement aucun enfant souffrant de déficience auditive », conclut Sylvie Laplaise. « Mais le jour où cela sera le cas, nous serons tous prêts dans l’équipe. Et les enfants valides pourront interagir naturellement avec les enfants handicapés. Tout simplement. »

À Besançon, point d’apprentissage de la langue des signes dans les crèches. « Mais nous sommes en train de réfléchir au sujet », annonce Yannick Poujet, conseiller municipal chargé des questions du handicap. Pour l’élu, le constat est là : la langue des signes est la troisième langue parlée dans le pays après le français et l’anglais. « Si nous pouvons sensibiliser les enfants valides à cette langue, ce serait idéal. Nous participerons ainsi à la communication entre valides et personnes souffrant de problèmes auditifs. Et puis, il y a aussi la question de l’accueil des publics sourds. Vous savez, nous sommes astreints par la loi à un devoir d’accessibilité. »

L’idée fait son chemin, donc. Mais l’accessibilité du public souffrant de handicap auditif ne se limite pas à la pratique de la langue des signes. Il y a également la mise en place de boucles magnétiques qui permettent de capter les sons de façon amplifiée et, en changeant de mode de sélection, de les adapter aux prothèses auditives des personnes malentendantes. « Une boucle magnétique fixe est actuellement installée à l’accueil de la mairie », reprend Yannick Poujet. « Et nous sommes en train de budgétiser des installations de boucles pour les établissements municipaux, dont les crèches. » Reste que le système est lourd et onéreux. « Nous nous dirigeons donc vers des boucles individuelles et portables. Elles permettent de soutenir une conversation et d’entendre ce qui se passe autour de soi. »

Source : http://www.estrepublicain.fr © 21 Juillet 2015 à Besançon

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