La main des sourds

À Anizy, utiliser la langue des signes pour communiquer avec bébé

Pour la première fois, le relais d’assistantes maternelles organise un stage pour apprendre la langue des signes à des tout-petits.

Comprendre un bébé de dix mois ? Avec la langue des signes, c’est possible. C’est ce qu’a expliqué Audrey Bauchet, animatrice de l’association Famille enfance et réseaux sociaux (Fers), jeudi dernier, aux parents et assistantes maternelles qui ont suivi le premier module du stage intitulé « Signe-moi un mouton », proposé par le Relais d’assistantes maternelles (Ram) des Vallons d’Anizy.

« Dans les années 80, il a été constaté que les enfants de parents sourds commençaient à exprimer leurs besoins par la langue des signes dès l’âge de huit mois », raconte l’animatrice, qui a décidé d’expérimenter cette méthode il y a une dizaine d’années, avec son quatrième enfant. « J’avais lu un article sur ce sujet dans un magazine. Mon deuxième enfant avait eu beaucoup de mal à communiquer. Je ne voulais pas que cela se reproduise. Cette méthode a fonctionné, dès l’âge de dix mois, mon fils a su me dire en langue des signes divers mots. Son premier signe a été « encore », cela s’est passé alors que je lui donnais à manger », rigole encore la maman.

Aujourd’hui, elle utilise toujours ce langage qui est devenu un peu un « code secret » avec ses enfants. « Un jour par exemple, mon fils est parti en voyage scolaire. Dans le bus, il m’a fait le signe « je t’aime ». Personne ne l’a su, c’était juste entre nous ».

Répondre à de nombreuses interrogations
Jeudi, Audrey Bauchet a transmis un peu de son savoir à une dizaine de mamans et d’assistantes maternelles présentes à ce premier module de formation. Elle a répondu à de nombreuses interrogations, celle notamment de savoir si cette façon de communiquer n’allait pas retarder l’apprentissage de la parole. « Il n’y a aucune inquiétude à avoir puisqu’il faut nommer les mots en même temps que de faire le signe. Mon fils n’a eu aucun retard de langage. Une étude américaine démontre même que les enfants qui auraient appris la langue des signes auraient un quotient intellectuel plus élevé que la moyenne. Le tout, c’est de ne pas oublier que l’on s’adresse à des enfants et non à des sourds », répond l’animatrice. Une réponse qui a, semble-t-il, rassurer les participantes toutes ravies de ce premier cours. « Il n’est pas toujours évident de savoir pourquoi un bébé pleure. Avec les signes, cela nous permettra de mieux le comprendre », confient Marisette et Christelle, deux assistantes maternelles.

Six autres rencontres auront lieu d’avril à juin. « Elles sont toutes complètes », indique Hélène Patat, l’animatrice du Ram qui espère pouvoir remettre en place cet atelier dès la rentrée prochaine.

Source http://www.lunion.fr - 13 Mars 2015

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