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Camille de Marguerye interprète tout en signes

Camille De Marguerye traduit chaque année les voeux du maire de Rezé. Elle signe ici le mot « Interprète ».

Rezé. Camille de Marguerye interprète en langue des signes, traduit les voeux du maire de Rezé. Parmi d’autres missions.

« Je suis arrivée dans ce métier par pur hasard, explique Camille de Marguerye. En remplaçant un professeur de mathématique, j’ai aperçu une brochure sur le métier d’interprète en langue des signes. Mon contrat se terminait, je me suis dit : pourquoi pas ! »Après avoir décroché un master dans une école parisienne, « la seule dans ce domaine à l’époque », Camille de Marguerye s’installe dans la région nantaise. La mairie de Rezé fait appel à l’interprète pour signer les voeux du maire ou dialoguer avec les employés sourds ou malentendants.

Interprète auto entrepreneur

« Secret professionnel, neutralité, fidélité au message. » Ce sont les trois principes déontologiques des interprètes en langue des signes. Une profession de plus en plus structurée (les universités de Rouen, Lille ou Grenoble proposent désormais une formation), qui demande une qualité incontournable : « La curiosité. Nous faisons face au quotidien à une grande diversité de situation, d’interlocuteurs. Il faut savoir s’adapter. »

Camille de Marguerye est auto entrepreneur. Tout comme pour une profession libérale, elle peut travailler pour un particulier, « lors de rendez-vous privés, avec le médecin, le notaire ». Mais aussi pour des entreprises, des associations, ou des collectivités, comme la mairie de Rezé. «Nous travaillons souvent en binôme, explique l’interprète. Traduire, c’est une triple opération : entendre, comprendre, signer. Si nous devons assurer une journée entière, nous tournons toutes les quinze minutes. »

Douze interprètes en langue des signes travaillent dans l’agglomération nantaise. Un nombre en constante augmentation : faire appel à un interprète est plus naturel qu’auparavant. « Les aides dédiées sont aussi plus conséquentes », note Camille de Marguerye.

Les mairies de Saint-Sébastien, de Saint-Herblain ou de Sautron développent, depuis quelques années, l’accessibilité des personnes sourdes et malentendantes. « La demande n’existait pas : aujourd’hui, elle augmente. » La loi pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées, de 2005, encourage les établissements publics à s’adapter à tous.

« On peut tout traduire »

Pour les conversations les plus techniques, lors de formations en entreprise par exemple, « une préparation est nécessaire, remarque Camille de Marguerye. On peut tout traduire, mais il faut parfois user de périphrases ».

Il faut pourtant s’approprier un discours pour pouvoir le traduire de la manière la plus claire. « Je n’ai jamais refusé de traduire, termine Camille de Marguerye. Mais si je suis confronté à des discours que je ne tolère pas, j’y réfléchirais à deux fois. »

Source : http://www.ouest-france.fr © 23 Février 2015 à Rezé

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