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Au cinéma ou à l’opéra, ils adaptent la culture aux handicaps

Stéphane Adamczewski, régisseur, et Anne-Marie Roca, formatrice, ont lancé un dispositif qui rend plus accessible le cinéma.

Dans le département, les handicaps sensoriels ont longtemps privé de culture ceux qui en souffraient. Petit-à-petit, des hommes et des femmes s’assurent que ce ne soit plus le cas.

Longtemps, il a été impossible pour un malentendant d’aller au cinéma dans de bonnes conditions. Pareillement, il n’était proposé que du mépris aux malvoyants qui voulaient simplement profiter d’un musée.En Limousin, il a fallu que des associations poussent les institutions à agir. Ainsi, l’opéra de Limoges, depuis deux ans, propose un opéra en audio-description, pour les malvoyants.

« Obligés de rester chez eux pour voir un film »Plus récemment, le cinéma de Saint-Léonard-de-Noblat s’est distingué. Tout est parti d’un constat : aucun cinéma ne proposait des séances sous-titrées à part lors des trop rares projections en version originale.

« En fait, les sourds étaient obligés de rester chez eux pour profiter pleinement d’un film », déplore Alexandre Mazin, adjoint au maire, chargé du cinéma Rex. C’est une discussion entre le régisseur du cinéma, Stéphane Adamczewski et Anne-Marie Roca, qui a lancé l’aventure. Formatrice à l’association LSF pi-tous, Anne-Marie Roca apprend à qui veut la langue des signes. L’association intervient depuis janvier à l’école de Saint-Léonard-de-Noblat.

« Nous devions programmer La Famille Bélier, explique le régisseur du cinéma. Pour moi, projeter un film qui raconte le quotidien d’une famille entière de sourds, sans sous-titrage, c’était impossible. J’ai invité Anne-Marie pour témoigner. On a discuté ensemble, et elle m’a dit qu’il y avait un vrai manque. »

La municipalité, le cinéma et l’association ont donc noué un autre partenariat. Les trois premières projections, sur le thème de la surdité, Marie Heurtin,début janvier, et celle de La Famille Bélier, ont bien marché. Le cinéma programme désormais une séance sous-titrée par semaine.

« Pour nous, il n’y a aucun frais supplémentaire. Il s’agit seulement de rajouter un fichier sous-titre », relance Stéphane Adamczewski. En sus des dialogues, qui s’affichent sous la personne qui parle, le sous-titrage explicite aussi pas mal de détails. « S’il y a de la musique, elle est décrite en violet. Le frémissement des feuilles, une voiture qui passe, tout est expliqué. »

Pour le Rex, il est trop tôt pour juger si l’expérience peut apporter une nouvelle clientèle sur la durée. Ce n’est pas le but non plus, mais tout de même, lors de la projection sous-titrée, il y a une semaine, d’Une Heure de tranquillité, il y avait 30 personnes dans la salle. « Pour nous, c’est beaucoup », confie Stéphane Adamczewski.

Ce sont surtout deux témoignages qui ont validé l’initiative du régisseur : « Une collègue m’a dit que c’était une très bonne idée, et que son mari était sourd. Je ne le savais pas ».

Enfin, lors de la deuxième projection sous-titrée de La Famille Bélier, de nombreux malentendants lui ont confié qu’ils étaient allés voir le film à Limoges, sans sous-titrage.

Ils ont été déçus et n’ont pas tout compris au film. Un comble, pour une œuvre qui met en lumière leur quotidien.

Source : http://www.lepopulaire.fr © 23 Février 2015

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